Être humain et société
Des neurones à l'entraînement
Les espoirs olympiques canadiens ont musclé leur cerveau ces derniers mois. Leur secret: le neurofeedback.
par Steve Proulx
Le 8 février 2006 – En contrôlant leur activité cérébrale par la force du «mental», des athlètes de haut niveau apprennent à gérer leur stress, à réduire leur anxiété et à augmenter leur concentration. Autant de détails qui, lors d’une compétition, séparent souvent les vainqueurs des vaincus.
C’est à ce type d’entraînement psychologique que se sont livrés 12 espoirs olympiques canadiens (dont l’identité est confidentielle) en prévision des Jeux olympiques de Turin. Pendant quatre mois, à raison d’une séance tous les dix jours, ils se sont exercés à maîtriser leurs neurones par une technique appelée «neurofeedback».
Grâce à des capteurs reliés à un ordinateur, placés sur leur crâne et leurs lobes d’oreilles, ils ont surveillé en temps réel les modulations de leurs ondes cérébrales, projetées sur un écran.
On leur a ensuite proposé un objectif, une «fréquence du calme» donnée, qu’ils ont dû tenter d’atteindre en exécutant des exercices de relaxation et de concentration. Ainsi, ils ont pu découvrir le parcours mental à emprunter pour atteindre la quiétude.
L’expérience a été menée dans le cadre d’une étude du laboratoire de psychologie sportive de l’Université McGill, à Montréal, avec le soutien de Sport Canada. Les résultats préliminaires sont encourageants.
«Selon les commentaires des entraîneurs, les athlètes sont plus concentrés et plus calmes qu’avant l’expérience», souligne Gordon Bloom, spécialiste en psychologie sportive et professeur au département de kinésiologie et d’éducation physique de McGill.
La deuxième phase de l’étude doit débuter au cours des prochains moins. On testera cette fois le neurofeedback auprès d’athlètes considérés comme des espoirs pour les Jeux d’hiver de Vancouver, en 2010.
Plusieurs athlètes dans le monde incluraient déjà le neurofeedback dans leur programme d’entraînement. Mais on sait peu de chose de son impact réel sur les performances sportives.
«Une raison explique en partie pourquoi si peu d’études ont été publiées sur le sujet, précise Gordon Bloom. Ceux qui utilisent la technique veulent en conserver le secret!»
Et nous? Lorsque l’Université McGill publiera ses résultats, ne risque-t-elle pas, par la même occasion, de livrer la clé du neurofeedback à tous les athlètes du monde, qu’ils viennent de Chine ou d’Argentine? «Oui, nous allons partager nos secrets, dit Gordon Bloom, mais pas avant de nous en être servis pour gagner!»
par Steve Proulx
Le 8 février 2006 – En contrôlant leur activité cérébrale par la force du «mental», des athlètes de haut niveau apprennent à gérer leur stress, à réduire leur anxiété et à augmenter leur concentration. Autant de détails qui, lors d’une compétition, séparent souvent les vainqueurs des vaincus.
C’est à ce type d’entraînement psychologique que se sont livrés 12 espoirs olympiques canadiens (dont l’identité est confidentielle) en prévision des Jeux olympiques de Turin. Pendant quatre mois, à raison d’une séance tous les dix jours, ils se sont exercés à maîtriser leurs neurones par une technique appelée «neurofeedback».
Grâce à des capteurs reliés à un ordinateur, placés sur leur crâne et leurs lobes d’oreilles, ils ont surveillé en temps réel les modulations de leurs ondes cérébrales, projetées sur un écran.
On leur a ensuite proposé un objectif, une «fréquence du calme» donnée, qu’ils ont dû tenter d’atteindre en exécutant des exercices de relaxation et de concentration. Ainsi, ils ont pu découvrir le parcours mental à emprunter pour atteindre la quiétude.
L’expérience a été menée dans le cadre d’une étude du laboratoire de psychologie sportive de l’Université McGill, à Montréal, avec le soutien de Sport Canada. Les résultats préliminaires sont encourageants.
«Selon les commentaires des entraîneurs, les athlètes sont plus concentrés et plus calmes qu’avant l’expérience», souligne Gordon Bloom, spécialiste en psychologie sportive et professeur au département de kinésiologie et d’éducation physique de McGill.
La deuxième phase de l’étude doit débuter au cours des prochains moins. On testera cette fois le neurofeedback auprès d’athlètes considérés comme des espoirs pour les Jeux d’hiver de Vancouver, en 2010.
Plusieurs athlètes dans le monde incluraient déjà le neurofeedback dans leur programme d’entraînement. Mais on sait peu de chose de son impact réel sur les performances sportives.
«Une raison explique en partie pourquoi si peu d’études ont été publiées sur le sujet, précise Gordon Bloom. Ceux qui utilisent la technique veulent en conserver le secret!»
Et nous? Lorsque l’Université McGill publiera ses résultats, ne risque-t-elle pas, par la même occasion, de livrer la clé du neurofeedback à tous les athlètes du monde, qu’ils viennent de Chine ou d’Argentine? «Oui, nous allons partager nos secrets, dit Gordon Bloom, mais pas avant de nous en être servis pour gagner!»