Être humain et société
La reine oubliée
Une momie découverte il y a un siècle vient d’être identifiée comme étant celle de la reine d’Égypte Hatchepsout.
par Julie Picard
Le 6 juillet 2007 - Une dent trouvée dans un vase funéraire frappé du nom d’Hatchepsout. C’est ce qui a permis l’identification de la momie de cette grande reine d’Égypte. La molaire correspond parfaitement à un trou laissé dans la mâchoire d’un corps embaumé retrouvé dans une tombe de la Vallée des Rois en 1903!
Découverte par l’archéologue britannique Howard Carter (qui a aussi reconnu la tombe de Toutankhamon), la momie avait à l’époque suscité peu d’intérêt. Elle reposait sur le sol à côté d’un sarcophage identifié comme abritant le corps de la nourrice d’Hatchepsout. En 1906, Edward Ayrton, un explorateur, avait apporté le sarcophage au musée du Caire, mais avait laissé l’autre momie dans la tombe!
Plus de cent ans ont passé avant que Zahi Hawass, archéologue au musée du Caire, soit investi de la mission de retrouver Hatchepsout. Quand il a redécouvert la momie abandonnée, il a remarqué un détail : son bras gauche replié sur la poitrine en signe royal. Il l’a donc apportée au musée qui possédait déjà le vase funéraire d’Hatchepsout. Dans ce vase gisait la fameuse dent qui allait permettre de résoudre le mystère. Pour éliminer le moindre doute, on devra maintenant comparer l’ADN de la hanche et du fémur de la momie avec celui, déjà identifié, de la grand-mère de la reine d’Égypte, Amos Nefreteri.
Mais qui est vraiment Hatchepsout? Se désignant elle-même comme une pharaonne, elle a régné 21 ans sur l’Égypte, sous la XVIIIe dynastie, de 1479 à 1458 avant notre ère. Cette femme, qui portait une fausse barbe et s’habillait en homme, est surtout connue pour avoir fait construire sur les rives du Nil le somptueux temple de Deir al Baheiri.
Michel Guay, professeur associé au département d’histoire de l’université du Québec à Montréal, souligne aussi la «bonne gouvernance» de la reine. «Elle a joué un rôle important du point de vue de la politique intérieure et de la stabilité du pays. Elle a effectué une grande expédition à caractère économique en Afrique et a rapporté plusieurs produits et animaux exotiques.» L’égyptologue souligne également un autre aspect du règne d’Hatchepsout, souvent oublié par les historiens. «Elle a mis en place les conditions nécessaires à l’expansion de l’Égypte. Elle a modernisé et renforcé l’armée pour permettre la conquête du Proche-Orient.»
On raconte que son successeur, son beau-fils Thoutmosis III, aurait effacé toute trace du passage de la reine à la tête de l’Égypte. Même la momie aurait été cachée…
par Julie Picard
Le 6 juillet 2007 - Une dent trouvée dans un vase funéraire frappé du nom d’Hatchepsout. C’est ce qui a permis l’identification de la momie de cette grande reine d’Égypte. La molaire correspond parfaitement à un trou laissé dans la mâchoire d’un corps embaumé retrouvé dans une tombe de la Vallée des Rois en 1903!
Découverte par l’archéologue britannique Howard Carter (qui a aussi reconnu la tombe de Toutankhamon), la momie avait à l’époque suscité peu d’intérêt. Elle reposait sur le sol à côté d’un sarcophage identifié comme abritant le corps de la nourrice d’Hatchepsout. En 1906, Edward Ayrton, un explorateur, avait apporté le sarcophage au musée du Caire, mais avait laissé l’autre momie dans la tombe!
Plus de cent ans ont passé avant que Zahi Hawass, archéologue au musée du Caire, soit investi de la mission de retrouver Hatchepsout. Quand il a redécouvert la momie abandonnée, il a remarqué un détail : son bras gauche replié sur la poitrine en signe royal. Il l’a donc apportée au musée qui possédait déjà le vase funéraire d’Hatchepsout. Dans ce vase gisait la fameuse dent qui allait permettre de résoudre le mystère. Pour éliminer le moindre doute, on devra maintenant comparer l’ADN de la hanche et du fémur de la momie avec celui, déjà identifié, de la grand-mère de la reine d’Égypte, Amos Nefreteri.
Mais qui est vraiment Hatchepsout? Se désignant elle-même comme une pharaonne, elle a régné 21 ans sur l’Égypte, sous la XVIIIe dynastie, de 1479 à 1458 avant notre ère. Cette femme, qui portait une fausse barbe et s’habillait en homme, est surtout connue pour avoir fait construire sur les rives du Nil le somptueux temple de Deir al Baheiri.
Michel Guay, professeur associé au département d’histoire de l’université du Québec à Montréal, souligne aussi la «bonne gouvernance» de la reine. «Elle a joué un rôle important du point de vue de la politique intérieure et de la stabilité du pays. Elle a effectué une grande expédition à caractère économique en Afrique et a rapporté plusieurs produits et animaux exotiques.» L’égyptologue souligne également un autre aspect du règne d’Hatchepsout, souvent oublié par les historiens. «Elle a mis en place les conditions nécessaires à l’expansion de l’Égypte. Elle a modernisé et renforcé l’armée pour permettre la conquête du Proche-Orient.»
On raconte que son successeur, son beau-fils Thoutmosis III, aurait effacé toute trace du passage de la reine à la tête de l’Égypte. Même la momie aurait été cachée…