Être humain et société
Requiem pour un crâne
Le crâne qui est attribué à Mozart depuis plus d’un siècle n’est peut-être pas celui du compositeur autrichien.
par Charles-Philippe Giroux
Le 26 janvier 2006 – Les scientifiques qui comptaient sur le crâne de Wolfgang Amadeus Mozart pour percer les secrets du génie musical sont tombés sur un os. Le crâne conservé en Autriche, qui lui est attribué depuis plus de 100 ans, n'est peut-être pas celui du célèbre compositeur.
C'est la conclusion à laquelle arrivent l'Institut de médecine légale d'Innsbruck, en Autriche, et le Laboratoire d'identification de l'ADN de l’armée américaine, à Rockville, au Maryland. Les deux organisations ont comparé l’ADN du crâne à celui de fragments osseux prélevés dans le caveau familial des Mozart, au cimetière Saint-Sébastien de Salzbourg.
L’enquête avait été commandée par la télévision publique autrichienne dans le cadre d’un documentaire diffusé plus tôt ce mois-ci. C’était là l’un des nombreux événements soulignant le 250e anniversaire de la naissance de Mozart, le 27 janvier 1756.
«Pour l'instant, le mystère du crâne est encore plus grand», a conclu l'équipe de recherche dans le documentaire.
Cette fausse note risque de mettre en doute les travaux des chercheurs qui, à partir du fameux crâne, ont tenté d’établir la cause du décès de Mozart.
Par exemple, l'anthropologue français Pierre-François Puech, qui est convaincu de son authenticité, concluait en 1989 qu’une fracture trouvée sur le crâne était le résultat d’une mauvaise chute.
Selon lui, une telle blessure pourrait non seulement expliquer les maux de tête fréquents dont a souffert Mozart à la fin de sa vie, mais pourrait même avoir causé sa mort.
Cette théorie avait causé une surprise, puisqu’elle contredisait l'idée la plus répandue, selon laquelle Mozart a succombé aux suites d'une fièvre rhumatismale.
La rumeur veut que le crâne ait été récupéré par l’un des fossoyeurs qui ont jeté la dépouille de Mozart dans une fosse commune, en 1791. Au moment de l’enterrement, l’homme aurait noué un ruban autour du cou du défunt, ce qui lui aurait permis de l'identifier lorsque le corps fut exhumé, 10 ans plus tard.
Le crâne aurait par la suite changé de mains à plusieurs reprises avant de devenir, en 1902, la propriété de la Fondation internationale du Mozarteum de Salzbourg.
«En raison des faits historiques et des nébuleuses circonstances qui ont mené à sa découverte, la Fondation internationale du Mozarteum ne présume pas que le crâne puisse être apparenté à Wolfgang Amadeus Mozart», a fait savoir l'organisation après la diffusion du documentaire de la télévision autrichienne.
Si le crâne de Mozart garde précieusement ses secrets, celui de Ludwig Van Beethoven a été beaucoup plus éloquent. Non seulement a-t-il été authentifié par des tests d'ADN, mais des examens aux rayons X, effectués par un laboratoire du département américain de l'Énergie, ont révélé la cause du décès du compositeur allemand: un empoisonnement au plomb.
par Charles-Philippe Giroux
Le 26 janvier 2006 – Les scientifiques qui comptaient sur le crâne de Wolfgang Amadeus Mozart pour percer les secrets du génie musical sont tombés sur un os. Le crâne conservé en Autriche, qui lui est attribué depuis plus de 100 ans, n'est peut-être pas celui du célèbre compositeur.
C'est la conclusion à laquelle arrivent l'Institut de médecine légale d'Innsbruck, en Autriche, et le Laboratoire d'identification de l'ADN de l’armée américaine, à Rockville, au Maryland. Les deux organisations ont comparé l’ADN du crâne à celui de fragments osseux prélevés dans le caveau familial des Mozart, au cimetière Saint-Sébastien de Salzbourg.
L’enquête avait été commandée par la télévision publique autrichienne dans le cadre d’un documentaire diffusé plus tôt ce mois-ci. C’était là l’un des nombreux événements soulignant le 250e anniversaire de la naissance de Mozart, le 27 janvier 1756.
«Pour l'instant, le mystère du crâne est encore plus grand», a conclu l'équipe de recherche dans le documentaire.
Cette fausse note risque de mettre en doute les travaux des chercheurs qui, à partir du fameux crâne, ont tenté d’établir la cause du décès de Mozart.
Par exemple, l'anthropologue français Pierre-François Puech, qui est convaincu de son authenticité, concluait en 1989 qu’une fracture trouvée sur le crâne était le résultat d’une mauvaise chute.
Selon lui, une telle blessure pourrait non seulement expliquer les maux de tête fréquents dont a souffert Mozart à la fin de sa vie, mais pourrait même avoir causé sa mort.
Cette théorie avait causé une surprise, puisqu’elle contredisait l'idée la plus répandue, selon laquelle Mozart a succombé aux suites d'une fièvre rhumatismale.
La rumeur veut que le crâne ait été récupéré par l’un des fossoyeurs qui ont jeté la dépouille de Mozart dans une fosse commune, en 1791. Au moment de l’enterrement, l’homme aurait noué un ruban autour du cou du défunt, ce qui lui aurait permis de l'identifier lorsque le corps fut exhumé, 10 ans plus tard.
Le crâne aurait par la suite changé de mains à plusieurs reprises avant de devenir, en 1902, la propriété de la Fondation internationale du Mozarteum de Salzbourg.
«En raison des faits historiques et des nébuleuses circonstances qui ont mené à sa découverte, la Fondation internationale du Mozarteum ne présume pas que le crâne puisse être apparenté à Wolfgang Amadeus Mozart», a fait savoir l'organisation après la diffusion du documentaire de la télévision autrichienne.
Si le crâne de Mozart garde précieusement ses secrets, celui de Ludwig Van Beethoven a été beaucoup plus éloquent. Non seulement a-t-il été authentifié par des tests d'ADN, mais des examens aux rayons X, effectués par un laboratoire du département américain de l'Énergie, ont révélé la cause du décès du compositeur allemand: un empoisonnement au plomb.