Être humain et société

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Le lieu de fondation de Montréal était déjà occupé des dizaines d’années avant l’arrivée de Maisonneuve.

par Julie Picard

Le 20 août 2007 – On croyait que les premières constructions montréalaises dataient de l’arrivée de Paul Chomedey de Maisonneuve, en 1642. Cette année-là, avec quelques colons, l’officier français fondait Montréal en érigeant le fort Ville-Marie. Mais de nouvelles fouilles révèlent des structures bien plus anciennes.

Deux structures en maçonnerie viennent d’être mises au jour dans la cour arrière d’un vieil entrepôt maritime, place d’Youville, tout près du Musée Pointe-à-Callière, dans le Vieux-Montréal. C’est là qu’on avait trouvé des restes du fort Ville-Marie il y a quelques années. Surprise : les nouvelles trouvailles indiquent que les lieux ont été habités plusieurs années avant que Maisonneuve ne s’y établisse. «On sait que ces vestiges sont antérieurs à la construction du fort parce qu’ils sont orientés de façon aléatoire. Ils ne sont pas dans le même axe que le fort», explique Sophie Limoges, archéologue et directrice de la conservation et de l’éducation au Musée Pointe-à-Callière. En examinant les couches stratigraphiques du sol, les étudiants de l’École de fouilles archéologiques du musée ont également pu conclure que l’aménagement est plus profond – et donc plus ancien – que celui du fort.

La nature exacte de ces vestiges reste cependant mystérieuse. «Il pourrait s’agir des fondations d’une cabane provisoire construite par les premiers colons montréalais», dit Sophie Limoges.

La découverte de perles de verre fabriquées en France dans les années 1600 à 1630 confirme que l’endroit a été habité avant l’arrivée de Maisonneuve. Selon Brad Loewen, professeur d’archéologie historique à l’Université de Montréal, ces perles auraient servi de monnaie d’échange dans le commerce entre Français et Amérindiens. «Le site a sûrement été occupé durant les visites de Champlain et de traiteurs de Québec en 1613 et en 1633», estime-t-il.

Les trouvailles des étudiants ont aussi permis de préciser certaines fonctions des bâtiments déjà mis au jour. On sait maintenant que le puits, la clôture et le four à pain mis à nu en 2004 et 2005 font partie intégrante du site du fort Ville-Marie. L’utilité du mur de maçonnerie, déterré l’an dernier, est également beaucoup plus évidente désormais. Les dépôts ferreux observés ont révélé qu’il s’agit en fait d’une installation de forgeron.

Mais comment ce site enfoui à près de trois mètres sous le sol peut-il être si bien conservé? En 1688, des colons auraient tenté de surélever le terrain inondé. Ce remblai de terre aurait ni plus ni moins «scellé» le site du fort, préservant les vestiges des ravages du temps.

Comme le site n’a été fouillé qu’au tiers jusqu’à maintenant, on nous promet encore de belles surprises pour les années à venir!

 
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