Médecine et santé
Lyne Mongeau, scientifique de l'année
La nutritionniste est honorée par Radio-Canada pour son engagement et ses travaux sur l’obésité.
par Marie-Eve Cousineau
Le 18 janvier 2007 – Lyne Mongeau n’a jamais été grosse. Elle n’a pas non plus grandi auprès de femmes obsédées par leur poids. Mais depuis 25 ans, les problèmes d’embonpoint sont au centre de sa vie. C’est que la diététiste-nutritionniste de l’Institut national de santé publique du Québec a un penchant pour les questions complexes. Et celui de l’obésité l’est à souhait!
Il y a près d’un an, Lyne Mongeau a présenté, au nom de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), un rapport retentissant intitulé «Les problèmes reliés au poids au Québec, un appel à l’action». Ce document a servi à l’élaboration du nouveau plan d’action du gouvernement Charest visant à promouvoir de saines habitudes de vie et à prévenir l’embonpoint.
Il était temps: l’obésité affecte maintenant près de 10% des enfants québécois! «S’ils demeurent obèses, ces jeunes risquent de souffrir, dans 30 ans, de maladies cardiovasculaires, de diabète, de certains cancers… rappelle Lyne Mongeau. Cette situation menace notre système de santé et notre économie.»
Lyne Mongeau n’en est pas à sa première contribution sociale. Elle a notamment participé à la conception du programme «Choisir de maigrir», une alternative aux fameuses diètes, en plus d’avoir co-fondé ÉquiLibre, un organisme sans but lucratif spécialisé dans les questions de poids et d’image corporelle. En 2005, la chercheuse a aussi reçu le Prix de communication scientifique Andrée-Beaulieu de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec.
C’est pour souligner son engagement soutenu envers les problèmes reliés au poids que l’émission Les années lumière, de la radio de Radio-Canada, lui a décerné le prix de «Scientifique de l’année 2006», en collaboration avec d’autres médias scientifiques, dont Québec Science.
Contrer l’épidémie d’obésité n’est pas simple. Le problème est individuel, mais aussi collectif. «On est très influencé par notre environnement», croit Lyne Mongeau. Le nôtre, dit-elle, est «obésogène»: on peut consommer des calories 24 heures sur 24 grâce aux stations-service et aux chaînes de restauration rapide, situées à deux minutes... en voiture. «Les quartiers sont aménagés de telle sorte qu’on préfère prendre l’auto pour aller acheter son pain!»
Gouvernements, municipalités, écoles, services de garde, industrie: tous devront mettre de l’avant des solutions. Des exemples? Favoriser le transport en commun, aménager des pistes cyclables, limiter les portions dans les restaurants et implanter des politiques alimentaires en milieu scolaire. Mais pas question de créer un «état policé où des ayatollahs de l’obésité» jugent de l’assiette ou du poids des autres. «Les gens qui sont gros dans une société de minces sont souffrants.»
Lyne Mongeau sera l'invitée de l'émission Les années lumière le dimanche 21 janvier 2007, entre 12 h et 14 h, sur les ondes de la Première Chaîne radio de Radio-Canada.
par Marie-Eve Cousineau
Le 18 janvier 2007 – Lyne Mongeau n’a jamais été grosse. Elle n’a pas non plus grandi auprès de femmes obsédées par leur poids. Mais depuis 25 ans, les problèmes d’embonpoint sont au centre de sa vie. C’est que la diététiste-nutritionniste de l’Institut national de santé publique du Québec a un penchant pour les questions complexes. Et celui de l’obésité l’est à souhait!
Il y a près d’un an, Lyne Mongeau a présenté, au nom de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ), un rapport retentissant intitulé «Les problèmes reliés au poids au Québec, un appel à l’action». Ce document a servi à l’élaboration du nouveau plan d’action du gouvernement Charest visant à promouvoir de saines habitudes de vie et à prévenir l’embonpoint.
Il était temps: l’obésité affecte maintenant près de 10% des enfants québécois! «S’ils demeurent obèses, ces jeunes risquent de souffrir, dans 30 ans, de maladies cardiovasculaires, de diabète, de certains cancers… rappelle Lyne Mongeau. Cette situation menace notre système de santé et notre économie.»
Lyne Mongeau n’en est pas à sa première contribution sociale. Elle a notamment participé à la conception du programme «Choisir de maigrir», une alternative aux fameuses diètes, en plus d’avoir co-fondé ÉquiLibre, un organisme sans but lucratif spécialisé dans les questions de poids et d’image corporelle. En 2005, la chercheuse a aussi reçu le Prix de communication scientifique Andrée-Beaulieu de l’Ordre professionnel des diététistes du Québec.
C’est pour souligner son engagement soutenu envers les problèmes reliés au poids que l’émission Les années lumière, de la radio de Radio-Canada, lui a décerné le prix de «Scientifique de l’année 2006», en collaboration avec d’autres médias scientifiques, dont Québec Science.
Contrer l’épidémie d’obésité n’est pas simple. Le problème est individuel, mais aussi collectif. «On est très influencé par notre environnement», croit Lyne Mongeau. Le nôtre, dit-elle, est «obésogène»: on peut consommer des calories 24 heures sur 24 grâce aux stations-service et aux chaînes de restauration rapide, situées à deux minutes... en voiture. «Les quartiers sont aménagés de telle sorte qu’on préfère prendre l’auto pour aller acheter son pain!»
Gouvernements, municipalités, écoles, services de garde, industrie: tous devront mettre de l’avant des solutions. Des exemples? Favoriser le transport en commun, aménager des pistes cyclables, limiter les portions dans les restaurants et implanter des politiques alimentaires en milieu scolaire. Mais pas question de créer un «état policé où des ayatollahs de l’obésité» jugent de l’assiette ou du poids des autres. «Les gens qui sont gros dans une société de minces sont souffrants.»
Lyne Mongeau sera l'invitée de l'émission Les années lumière le dimanche 21 janvier 2007, entre 12 h et 14 h, sur les ondes de la Première Chaîne radio de Radio-Canada.