Médecine et santé
Moins n'est pas mieux
Surprise: le benzène serait aussi nocif pour la santé à faibles doses qu’à doses élevées.
Par Julie Picard
Le 20 juillet 2007 - Le monde à l’envers! Les personnes exposées à de faibles concentrations de benzène, un polluant de l’air, semblent plus affectées que celles soumises à de fortes concentrations. Leur organisme produit en tout cas plus de métabolites toxiques, des sous-produits issus de la dégradation du benzène.
C’est une équipe de l’Université de North Carolina aux États-Unis, dirigée par le docteur Stephen M. Rappaport, qui est arrivée à cette conclusion, présentée lors du Congrès international de toxicologie qui se terminait hier à Montréal.
Le docteur Rappaport et ses collaborateurs chinois ont analysé l’urine de 250 personnes exposées à de grandes quantités de benzène et de 140 qui ne l’étaient pas. Les gens exposés travaillaient tous dans une usine de chaussures chinoise qui faisait usage de colles à base de benzène.
Résultat : la concentration dans l’urine des quatre métabolites toxiques étudiés augmentait alors que l’exposition au benzène diminuait. Ces métabolites étaient jusqu’à neuf fois plus importants chez les personnes peu exposées! Or, ces sous-produits n’ont rien d’inoffensif : l’un d’eux, le phénol, est assez puissant pour être utilisé dans les désinfectants.
L’équipe a finalement conclu que le benzène était métabolisé par l’humain plus efficacement à une concentration dans l’air inférieure à 1 ppm.
Différents facteurs tels l’âge, le sexe et le tabagisme influencent également la concentration de ces métabolites toxiques dans l’urine. Les gens âgés en produisent moins que les jeunes (une réduction de 1 à 2 % à chaque année de vie), les femmes plus que les hommes et les accros à la nicotine en respirent dans la fumée de cigarette qu’ils inhalent.
Bien que le caractère carcinogène du benzène soit reconnu depuis près de 80 ans – sa nocivité à haute dose ne fait donc pas de doute non plus ‑, personne n’avait soupçonné que cette substance au métabolisme complexe fasse des ravages en si petites quantités…
Par Julie Picard
Le 20 juillet 2007 - Le monde à l’envers! Les personnes exposées à de faibles concentrations de benzène, un polluant de l’air, semblent plus affectées que celles soumises à de fortes concentrations. Leur organisme produit en tout cas plus de métabolites toxiques, des sous-produits issus de la dégradation du benzène.
C’est une équipe de l’Université de North Carolina aux États-Unis, dirigée par le docteur Stephen M. Rappaport, qui est arrivée à cette conclusion, présentée lors du Congrès international de toxicologie qui se terminait hier à Montréal.
Le docteur Rappaport et ses collaborateurs chinois ont analysé l’urine de 250 personnes exposées à de grandes quantités de benzène et de 140 qui ne l’étaient pas. Les gens exposés travaillaient tous dans une usine de chaussures chinoise qui faisait usage de colles à base de benzène.
Résultat : la concentration dans l’urine des quatre métabolites toxiques étudiés augmentait alors que l’exposition au benzène diminuait. Ces métabolites étaient jusqu’à neuf fois plus importants chez les personnes peu exposées! Or, ces sous-produits n’ont rien d’inoffensif : l’un d’eux, le phénol, est assez puissant pour être utilisé dans les désinfectants.
L’équipe a finalement conclu que le benzène était métabolisé par l’humain plus efficacement à une concentration dans l’air inférieure à 1 ppm.
Différents facteurs tels l’âge, le sexe et le tabagisme influencent également la concentration de ces métabolites toxiques dans l’urine. Les gens âgés en produisent moins que les jeunes (une réduction de 1 à 2 % à chaque année de vie), les femmes plus que les hommes et les accros à la nicotine en respirent dans la fumée de cigarette qu’ils inhalent.
Bien que le caractère carcinogène du benzène soit reconnu depuis près de 80 ans – sa nocivité à haute dose ne fait donc pas de doute non plus ‑, personne n’avait soupçonné que cette substance au métabolisme complexe fasse des ravages en si petites quantités…