Médecine et santé

Prêts pour la grippe... ou presque

Québec dévoile son plan d’urgence en cas de pandémie de grippe aviaire.

par Catherine Dubé

Le 9 mars 2006 – Jusqu'à 2,6 millions de malades, 34 000 hospitalisations, entre 8500 et 14 000 décès, fermeture des écoles et des garderies, appel à des volontaires pour remplacer les médecins et infirmières eux-mêmes infectés: les Québécois savent maintenant à quoi s’attendre si une pandémie humaine de grippe aviaire éclate.

Impossible de l’affirmer avec certitude, mais «il y a une haute probabilité» que la pandémie tant redoutée survienne, a affirmé le ministre québécois de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui dévoilait son plan d’urgence lors d’une conférence de presse ce matin, à Québec.

Le virus H5N1, qui ravage actuellement les poulaillers d’Asie, d’Europe et d’Afrique, semble en effet tout désigné pour devenir le prochain responsable d’une épidémie à l’échelle de la planète. Alors aussi bien être prêt, a souligné le ministre.

Philippe Couillard soutient que le Québec est l’un des endroits les mieux préparés au monde à encaisser le choc.

N’empêche qu’il reste encore bien des aspects à fignoler. Jusqu’à 17 000 infirmières et médecins pourraient être malades en même temps au plus fort de la pandémie, et on n’a pas encore fini de dresser une liste de volontaires suffisamment compétents pour les remplacer.

Chaque hôpital devra aussi, d’ici l’automne, prévoir un «plan de débordement», c’est-à-dire l’installation d’hôpitaux de fortune dans des gymnases d’écoles, par exemple. Des employés supplémentaires seront également requis pour vacciner massivement la population.

Pour éviter que le chaos s’installe, le personnel des hôpitaux, les policiers et les gardiens de prisons seront les premiers à bénéficier du vaccin. Ensuite viendra le tour des personnes âgées, des malades chroniques et des enfants, puis, finalement, des adultes en bonne santé.

Ce fameux vaccin demeure le point d’ombre du plan d’urgence, puisqu’il n’existe pas encore. Il est en effet impossible de fabriquer un vaccin, tant que le virus H5N1 n’a pas muté pour devenir transmissible entre êtres humains. C’est à ce moment seulement que l’on connaîtra sa nouvelle identité génétique.

Il faudra alors quelques semaines aux experts pour concocter un vaccin efficace, et encore de trois à quatre mois au moins pour produire à plein régime les 14 millions de doses (deux par personne) nécessaires à l’immunisation de l’ensemble des Québécois.

Si la pandémie se déclare en Asie, le Québec disposera peut-être de quelques semaines de préavis avant qu’elle ne débarque en Amérique. «Mais il est probable, reconnaît le ministre, qu’il n’y aura pas encore de vaccin au début de la pandémie au Québec.»

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