Médecine et santé

Un surpoids à couper le souffle

L’obésité augmente le risque de souffrir d’asthme. On commence à comprendre pourquoi.

Par Julie Picard

Le 20 juillet 2007 - Hypertension, diabète, dépression, problèmes articulaires, voilà quelques-unes des affections susceptibles de toucher les obèses. Un petit nouveau s’ajoute à cette liste déjà longue : l’asthme. Les travaux de Stephanie Shore, chercheuse à la Harvard School of Public Health à Boston, démontrent en effet que les souris grassouillettes sont plus à risque de développer des maladies pulmonaires comme l’asthme que leurs consoeurs minces.

C’est leur sensibilité accrue à l’ozone qui serait en cause. Ce polluant de l’air, qui se forme à partir des gaz d’échappement des véhicules, aggrave de façon notoire les symptômes de l’asthme. La preuve : les visites à l’urgence pour des cas d’asthme augmentent les jours de smog, quand la concentration en ozone dans l’air est élevée.

Certains facteurs, comme l’âge, le tabagisme et la génétique sont connus pour rendre les gens plus sensibles à ce polluant atmosphérique. Stephanie Shore, quant à elle, s’est plutôt penchée sur l’impact de l’obésité. Sachant que le nombre d’asthmatiques est plus important chez les gens obèses et que la prise de poids aggrave les symptômes de la maladie, la chercheuse a comparé l’effet de l’ozone sur des souris obèses et des souris minces.

Ses résultats ont été publiés plus tôt cette année dans le Journal of Applied Physiology et présentés au Congrès international de toxicologie qui se tenait cette semaine à Montréal. Ils sont sans équivoque : les principaux symptômes de l’asthme induits par l’ozone, dont l’inflammation des bronches, étaient plus importants chez les souris obèses. Pourquoi? C’est ce qu’elle a tenté de comprendre.

Pour ce faire, elle a analysé les effets du polluant sur le bagage génétique des rongeurs. Près de 250 gènes semblaient activés à la suite d’une exposition à l’ozone et une trentaine de ceux-ci étaient significativement plus exprimés chez les souris obèses.

En creusant davantage, la chercheuse a remarqué que le gène responsable de l’expression de IL-6, une substance qui joue un rôle dans la réponse immunitaire, était le plus activé chez les souris obèses. Or, les graisses renferment une importante quantité de cette substance. Ainsi, on pourrait penser que la grande quantité de IL-6 présente dans les cellules adipeuses des obèses cause une réponse immunitaire plus importante, et donc des symptômes plus graves d’asthme.

Stephanie Shore affirme pour l’instant qu’il est évident que IL-6 a un rôle considérable à jouer chez les souris asthmatiques. Reste à voir maintenant si le même phénomène est observable chez l’homme.