Médecine et santé
Une prothèse dans la tête
Un homme victime d’un AVC retrouve l’usage de la parole grâce à une prothèse intracrânienne. Une première au Québec!
par Julie Picard
Le 1er juin 2007 – Terrassé par deux accidents vasculaires cérébraux (AVC) en deux semaines, Terence Hamill ne parlait plus, ne marchait plus. Un caillot s’était logé dans son cerveau, bloquant la circulation sanguine et provoquant la mort de plusieurs millions de neurones.
Mais une nouvelle technologie a changé la vie de cet homme de 66 ans. Une équipe de l’Institut et Hôpital neurologiques de Montréal a réussi à implanter dans son crâne une prothèse métallique de 20 mm de long. Un an après l’intervention, il peut à nouveau parler et marcher.
L’endoprothèse, ou stent, est un tout petit cylindre fait d’un treillis métallique flexible. Elle sert à élargir une artère bloquée pour permettre au sang de mieux circuler. «Pour placer la prothèse, il faut d’abord dilater le vaisseau à l’aide d’un ballonnet», explique la neuroradiologiste Donatella Tampieri, qui a dirigé l’opération, une première au Québec. Un cathéter de près d’un mètre de long est ensuite introduit dans l’artère principale de la cuisse: c’est lui qui acheminera la prothèse jusqu’à l’artère cérébrale obstruée, en passant par l’artère thoracique et la carotide. Arrivé à l’endroit de la lésion, le cathéter est lentement retiré, permettant à la prothèse de se déployer à la manière d’un parapluie.
Dans le cas de monsieur Hamill, l’artère cérébrale endommagée a ainsi retrouvé un diamètre adéquat. Les zones de son cerveau qui avaient été privées de sang ont été de nouveau irriguées. C’est ainsi qu’il a retrouvé l’usage de la parole et de ses jambes. De plus, on a diminué de beaucoup les risques qu’il subisse un autre AVC.
Jusqu’à maintenant, seulement huit patients au Canada ont pu profiter du traitement. Ce ne sont pourtant pas les cas qui manquent! Les AVC sont la troisième cause de décès en Amérique du Nord. Il en survient un toutes les 45 secondes!
Les cardiologues, eux, connaissent bien les stents: ils les utilisent couramment pour dilater les artères du cœur de leurs patients. Mais l’artère cérébrale est beaucoup plus fragile, ce qui rend l’opération particulièrement délicate. «Comme l’artère ciblée avait perdu de son élasticité à cause de l’accumulation de dépôts, son élargissement aurait pu causer une hémorragie cérébrale», souligne la docteure Tampieri. Un caillot sanguin aurait aussi pu se former pendant l’opération. C’est pourquoi on n’implante pas une telle prothèse à n’importe quel patient. Elle est réservée à ceux pour qui la médication s’est avérée inefficace. «Et on ne connaît pas les effets à long terme du traitement», ajoute-t-elle.
Les résultats sont spectaculaires, estiment toutefois les médecins. Aujourd’hui, pour tout traitement, Terence Hamill n’avale plus qu’une aspirine par jour…
par Julie Picard
Le 1er juin 2007 – Terrassé par deux accidents vasculaires cérébraux (AVC) en deux semaines, Terence Hamill ne parlait plus, ne marchait plus. Un caillot s’était logé dans son cerveau, bloquant la circulation sanguine et provoquant la mort de plusieurs millions de neurones.
Mais une nouvelle technologie a changé la vie de cet homme de 66 ans. Une équipe de l’Institut et Hôpital neurologiques de Montréal a réussi à implanter dans son crâne une prothèse métallique de 20 mm de long. Un an après l’intervention, il peut à nouveau parler et marcher.
L’endoprothèse, ou stent, est un tout petit cylindre fait d’un treillis métallique flexible. Elle sert à élargir une artère bloquée pour permettre au sang de mieux circuler. «Pour placer la prothèse, il faut d’abord dilater le vaisseau à l’aide d’un ballonnet», explique la neuroradiologiste Donatella Tampieri, qui a dirigé l’opération, une première au Québec. Un cathéter de près d’un mètre de long est ensuite introduit dans l’artère principale de la cuisse: c’est lui qui acheminera la prothèse jusqu’à l’artère cérébrale obstruée, en passant par l’artère thoracique et la carotide. Arrivé à l’endroit de la lésion, le cathéter est lentement retiré, permettant à la prothèse de se déployer à la manière d’un parapluie.
Dans le cas de monsieur Hamill, l’artère cérébrale endommagée a ainsi retrouvé un diamètre adéquat. Les zones de son cerveau qui avaient été privées de sang ont été de nouveau irriguées. C’est ainsi qu’il a retrouvé l’usage de la parole et de ses jambes. De plus, on a diminué de beaucoup les risques qu’il subisse un autre AVC.
Jusqu’à maintenant, seulement huit patients au Canada ont pu profiter du traitement. Ce ne sont pourtant pas les cas qui manquent! Les AVC sont la troisième cause de décès en Amérique du Nord. Il en survient un toutes les 45 secondes!
Les cardiologues, eux, connaissent bien les stents: ils les utilisent couramment pour dilater les artères du cœur de leurs patients. Mais l’artère cérébrale est beaucoup plus fragile, ce qui rend l’opération particulièrement délicate. «Comme l’artère ciblée avait perdu de son élasticité à cause de l’accumulation de dépôts, son élargissement aurait pu causer une hémorragie cérébrale», souligne la docteure Tampieri. Un caillot sanguin aurait aussi pu se former pendant l’opération. C’est pourquoi on n’implante pas une telle prothèse à n’importe quel patient. Elle est réservée à ceux pour qui la médication s’est avérée inefficace. «Et on ne connaît pas les effets à long terme du traitement», ajoute-t-elle.
Les résultats sont spectaculaires, estiment toutefois les médecins. Aujourd’hui, pour tout traitement, Terence Hamill n’avale plus qu’une aspirine par jour…