Actualités
Capsules et particules
En hausse
La consommation de sucre. Le Canada a le bec sucré. Chaque habitant consomme en moyenne 61 kg de sucre par année, selon l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). C’est trois fois plus que les recommandations officielles internationales. Parmi les pays industrialisés, seuls les États-Unis en consomment davantage. Au pays du Coca-Cola, chaque habitant ingurgite 72 kg de sucre par année. Les Canadiens avalent aussi beaucoup plus de calories que nécessaire. Leur régime alimentaire leur en apporte 3 600 quotidiennement; c’est près de 40% de plus que la norme souhaitable. Pas étonnant que 46,5% de la population souffre d'obésité ou d'embonpoint. À ce chapitre, la première place est cette fois encore occupée par les États Unis où les deux tiers de la population présentent des problèmes de poids. Est-ce vraiment une surprise?
En baisse
La qualité de l'air. Montréalais, montréalaises: retenez votre souffle! Le nombre de jours où la qualité de l'air est jugée mauvaise dans l’année est passé de 37 à 64 entre 1999 et 2003, selon les dernières données du Conseil régional de l'environnement. Au cours de la même période, le nombre de véhicules dans la métropole a augmenté de 58 000. Ce qui fait autant de nouvelles sources de pollution. On compte maintenant presque une automobile par ménage. Tant pis pour l’air! Paradoxe: le plan de développement durable présenté récemment par la ville de Montréal ne contient aucune mesure pour restreindre l'usage de la voiture.
Tout compte fait
18 millions. C'est le nombre de carats de diamant que pourrait contenir le sous-sol des monts Otish, à 300 km au nord de Chibougamau, au Québec. Dans cette région l'an dernier, la société Ashton Mining, de Colombie-Britannique, a extrait 459 carats à partir de 600 tonnes de roche. Les joyaux seraient de grande qualité: leur valeur dépasserait de 10% le prix moyen d’un diamant brut sur le marché mondial. Ashton Mining, qui agit en partenariat avec la SOQUEM (Société québécoise d’exploration minière) estime à 5 000 carats le potentiel d’extraction de cette mine. Rappelons que le Canada est maintenant le troisième producteur de diamants de la planète, après la Russie et le Botswana, grâce aux réserves tapies dans le sous-sol des Territoires du Nord-Ouest.
Livraison très spéciale
À surveiller, le retour de la sonde Stardust avec un chargement très attendu: des poussières stellaires et des particules cométaires. La sonde avait traversé la queue de la comète Wild-2 en janvier 2004 pour y ramasser quantité de particules. Après un périple de deux ans au cours duquel elle aura parcouru 4,37 milliards de kilomètres, elle larguera sa capsule qui devrait se poser dans le désert de l'Utah à la mi-janvier. Les souvenirs de voyage que rapporte Stardust pourraient fournir de précieuses informations sur notre système solaire.
La vitamine C en prend pour son rhume
Les épidémiologistes australiens et finlandais voulaient en avoir le cœur net: la vitamine C protège-t-elle oui ou non contre le rhume? Ils ont scruté, décortiqué, analysé une cinquantaine d'études publiées depuis 65 ans sur le sujet. Conclusion? Des doses quotidiennes de 200 mg ne réduisent en rien la proportion d’enrhumés, sauf parmi les gens qui font beaucoup d’activité physique, selon un article récemment publié dans le journal PLOS Medicine, une revue scientifique diffusée dans Internet. Les chercheurs déconstruisent ainsi un mythe tenace qui avait d’ailleurs été renforcé par les affirmations du prix Nobel, Linus Pauling, dans les années 1960, qui louangeait les vertus de la vitamine C. Le meilleur moyen de combattre un rhume? Garder le lit et boire beaucoup de liquide. À moins que ce ne soit là un autre mythe…
Vancouver plus près des étoiles
Ce sera le plus puissant télescope de la planète: le TMT (Thirty Meter Telescope). Il sera construit à Vancouver, en Colombie-Britannique, pour être installé à Hawaii ou au Chili en 2015. Actuellement, les lentilles les plus sensibles utilisées par les astronomes sont accompagnées de miroirs qui font tout au plus 10 m de diamètre. Le TMT, lui, sera équipé de 780 petits miroirs qui composeront, comme le nom du télescope l’indique, un gigantesque miroir de 30 m de diamètre. Une quinzaine d'institutions universitaires canadiennes dont les universités Bishop, Laval et de Montréal participent à la conception de cet outil. Grâce à lui, les astronomes comptent mieux identifier les exoplanètes et percer le mystère de la matière sombre.
Nos priorités
Quels sont, pour l’élite du Québec, les défis socioéconomiques les plus importants? Pour le savoir, le Conseil de la science et de la technologie avait entrepris, il y a quelque temps, une grande consultation auprès d’un millier de chercheurs et d’intellectuels québécois. Les résultats viennent d’être publiés. En tête de liste, ils suggèrent de promouvoir l'adoption de saines habitudes de vie, fondées sur une vision globale et préventive de la santé physique et psychologique, qui responsabilise la population à l'égard de son état de santé. Ensuite, ils proposent d’exploiter plus efficacement les ressources naturelles et les matières résiduelles selon une approche de développement durable, dans le but de faire du Québec un chef de file dans ce domaine. Enfin, ils veulent accroître l'efficacité du système de santé publique en tenant compte du vieillissement de la population, tout en contrôlant les coûts. Maintenant que tout le monde est d’accord, que fait-on? À lire sur Internet.
La vraie tourtière du Lac?
Avec gibier, veau ou pommes de terre? Additionné de vin, de bouillon de viande ou de soupe à l’oignon? La célèbre tourtière du lac Saint-Jean a subi, au fil des ans, bien des aménagements; voire, de sérieux affronts. Mais Jean-Yves Desmeules, propriétaire de la charcuterie La Ripaille, à Saguenay, n’en démord pas. Selon lui, la vraie tourtière est un mélange d’oignons, de porc et de bœuf en cubes, le tout arrosé d’eau et assaisonné, entre deux abaisses. Elle doit cuire pendant 12 heures dans un plat en fonte de 8 cm à 10 cm de hauteur.
Pour protéger ce fleuron de la gastronomie nationale, il entend déposer une demande de certification en bonne et due forme. Mais l’affaire est loin d’être dans le sac. Comment accorder une appellation à un plat dont il est si difficile de contrôler les variations d’ingrédients? Alors que l’agneau de Charlevoix attend avec impatience le précieux sceau qui le certifierait comme un pur produit du terroir québécois, la tourtière risque de devoir patienter très longtemps. Quant à la poutine… elle n’y parviendra sans doute jamais. Mais le contraire serait-il vraiment souhaitable?