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Inno techno

Bûcheron sous-marin

On pourrait récolter les arbres engloutis dans les réservoirs des barrages hydroélectriques. Et récupérer quelques milliards de dollars. 

par Joël Leblanc

Crédit photo: John Kocon/Triton Logging

Vu d’avion, le spectacle est étrange et désolant: des milliers d’arbres aux trois quarts engloutis pointent leur cime hors de l’eau. Ce spectacle, c’est celui qu’offre le nouveau réservoir d’Hydro-Québec, sur la rivière Eastmain, dans la région de la baie James, qui permettra bientôt de faire fonctionner une centrale de 480 mégawatts.

En 2005, à cause d’un cafouillage administratif et politique, seulement 18 000 m3 des 80 000 m3 de bois inventoriés ont pu être récoltés sur les 603 km2 de forêt boréale inondés par le barrage. En tout, c’est une petite fortune qui a disparu sous les flots.

Il existe pourtant un appareil qui pourrait permettre de récolter tous ces arbres sacrifiés au profit de la production d’électricité: le Sawfish («poisson-scie»). «C’est un submersible de poche du type de ceux qui sont utilisés par les océanographes ou les travailleurs des plateformes pétrolières. Nous l’avons modifié pour en faire une sorte de bûcheron sous-marin», explique Chris Godsall, fondateur et président-directeur général de Triton Logging, la compagnie de Colombie-Britannique qui a mis au point cet ingénieux appareil.

Un bûcheron qui a du cœur à l’ouvrage: il peut couper une douzaine de gros arbres à l’heure à plus de 300 m de profondeur. Équipé de huit caméras, de huit propulseurs, d’une grande pince pour s’agripper aux arbres et d’une scie de 1,50 m, le Sawfish est piloté depuis la surface par un ouvrier spécialisé installé sur une barge. Assis devant ses écrans comme un ado devant sa console, deux manettes en main, cet homme des bois nouveau genre navigue avec précaution entre les arbres et les branches, à la recherche des plus beaux spécimens.

Quand l’arbre est choisi, le pilote referme la grosse pince horizontale à la base du tronc comme une mâchoire. Environ un mètre plus haut, il fixe un gros sac au tronc, à l’aide d’un écrou. En se gonflant d’air, le sac devient un flotteur et, en moins de cinq secondes, la scie sectionne le tronc, juste sous la pince. Attiré vers le haut par son flotteur, l’arbre monte jusqu’à la surface où il sera ensuite récupéré par un bateau remorqueur. Le tout n’a pris que deux minutes. «Exploiter un terrain englouti revient moins cher que la récolte forestière classique, affirme Chris Godsall. On n’a pas besoin de construire de routes, on ne risque aucun incendie de forêt, on n’a pas à gérer d’épidémies d’insectes dans un peuplement affaibli et on s’évite le reboisement. En plus, les arbres sont en grande partie déjà ébranchés et écorcés par leur long séjour dans l’eau et il suffit de peu d’ouvriers pour sortir de grandes quantités de bois.»

Mais dans quel état se trouve la matière ligneuse après son séjour subaquatique? «Contrairement à ce que l’on croit, explique Chris Godsall, l’eau ne fait pas pourrir le bois. C’est l’oxygène contenu dans l’eau qui permet aux organismes décomposeurs d’y vivre et de le dégrader. Au fond de ces lacs artificiels stagnants, l’oxygène est très rare et les arbres s’y conservent des centaines d’années. Le bois est d’excellente qualité.» Un fait confirmé par Luc Bouthillier, professeur au département des sciences du bois et de la forêt de l’Université Laval: «On a pu étudier très finement des cernes de croissance sur des troncs engloutis dans des marais depuis des décennies.»

Une fois à l’air libre, les troncs sont placés une trentaine de jours dans des séchoirs, et le bois est ensuite dirigé vers les mêmes usines de sciage que les billots prélevés à l’air libre.

Les arbres ainsi récoltés sont utilisés dans la construction domiciliaire et dans la fabrication de meubles. La Triton Logging est membre du Conseil du bâtiment durable du Canada et son bois a été certifié «Smartwood» par la Rainforest Alliance de New York. Ces labels écolos s’expliquent aisément. Dans ces forêts que l’on croyait perdues, chaque arbre «redécouvert» permet d’en épargner un autre ailleurs. Et comme on opère dans un milieu déjà détruit, on ne peut pas causer plus de tort. Même le sous-marin est propre et ne souille pas le lac: ses moteurs fonctionnent à l’électricité et ses systèmes hydrauliques sont remplis d’huile végétale.

Plus de 45 000 barrages ont formé autant de réservoirs artificiels partout dans le monde. Dans ces eaux, c’est entre 200 et 300 millions d’arbres qui dorment, ce qui représente plusieurs milliards de dollars.

Hydro-Québec travaille maintenant à dériver la rivière Rupert pour aller gonfler les réservoirs des complexes La Grande et Eastmain. Ainsi, 346 km2 de forêt boréale seront submergés par ces réaménagements. Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, a promis que les arbres seraient récoltés avant l’inondation. Mais la société d’État pourrait-elle songer au Sawfish pour récolter le bois dans les territoires qu’elle inonde? «Difficilement, estime Luc Bouthillier. Cette machine est une belle idée, mais elle est adaptée à la forêt de la côte ouest où croissent de gros arbres. Dans la forêt québécoise, les troncs ont des dimensions bien plus modestes. Cela coûterait cher de mener de telles opérations sous-marines sur des peuplements forestiers qui rapporteraient si peu… Mais cela vaudrait peut-être quand même la peine d’essayer sur des territoires déjà inondés…» Une suggestion pour Hydro-Québec?

Non au nippon ivre

Le saké, c’est bon… quand on n’en abuse pas. Face à la hausse vertigineuse des accidents d’automobile causés par l’alcool au pays du soleil levant, Toyota lancera, dès 2009, un véhicule qui s’arrête automatiquement quand le chauffeur est soûl. Des capteurs installés sur le volant analyseront la sueur des mains afin de déterminer le taux d’alcoolémie. Si ce taux est excessif, la voiture ne démarrera pas. Ce n’est pas tout: une caméra observera le mouvement des yeux et la dilatation des pupilles, ainsi que la régularité de la conduite. Ces données seront transmises à un ordinateur qui ralentira automatiquement le véhicule, et le stoppera même, s’il déduit que le conducteur est en état d’ébriété. En 2005, 707 personnes seraient mortes dans un des 14 000 accidents causés par un nippon ivre dans ce pays qui compte 2% d’alcooliques.

Roboéthique

Qu’arriverait-il à un robot frustré qui déciderait d’assassiner son maître? Serait-il passible de la peine de mort? Emprisonné? Débranché? Bientôt, les robots devront en tout cas intégrer quelques notions de moralité dans leur programme. Le gouvernement de Corée du Sud planche en effet sur une «Charte éthique des robots» visant à assurer le contrôle de l’homme sur ces créatures, empêcher leur utilisation clandestine, protéger les données acquises par les robots et établir leur identification et leur traçabilité. Sur le continent asiatique où la technologie va plus vite que le cerveau humain, on estime en effet que les robots seront bientôt aussi intelligents que leur maître. Or, on le sait, intelligence ne rime pas forcément avec bienveillance. Ce code d’éthique pour machines pensantes s’inspirera des trois lois de la robotique énoncées en 1938 par le biologiste et écrivain de science-fiction Isaac Asimov. «Un robot ne peut ni porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la première loi. Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.»

Bouton-panique portatif

Un bouton d’alarme mobile relié à une centrale d’urgence, qui permet aux secouristes de vous retrouver n’importe où! C’est le nouveau gadget intelligent et utile mis au point par la compagnie de Québec Medical Intelligence. Urgentys est relié à un réseau GPS intégrant un système de cartes géographiques et de plans en ligne (Google Maps). Résultat: le petit objet qui se porte à la ceinture peut fonctionner aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, contrairement aux boutons d’alarme traditionnels. Qui pourrait avoir besoin de ce chien de garde électronique? Les malades, les personnes âgées actives, les gens qui ont peur d’être agressés et les travailleurs des services de sécurité.
 
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