Reportages
L'oiseau de Mars (extrait)
Le 25 mai à 16 h, la sonde Phoenix se posera près du pôle nord martien pour vérifier s’il y a de l’eau dans son sol gelé. Ou bien… elle s’écrasera.
Par Thomas Gervais
Un satellite y a vu les vestiges de gigantesques coulées desséchées. Les robots Spirit et Opportunity y ont découvert des rochers portant des traces d’érosion marine. Les preuves s’accumulent: Mars recèle une grande quantité d’eau. «Et cette fois-ci, nous allons la trouver, la prélever et même y goûter», lance Barry Goldstein, en s’affalant sur la chaise de son bureau du Jet Propulsion Laboratory (JPL), à Pasadena, en Californie. Souriant et décontracté, le directeur de la mission Phoenix fait pourtant face au plus grand défi de son illustre carrière à la NASA: faire atterrir un laboratoire complet de géologie, de chimie organique et de météorologie près du pôle nord de la planète rouge afin de détecter la présence d’eau et – qui sait? – les premiers indices de vie extraterrestre.
Mais ne se rend pas sur Mars qui veut. Près des deux tiers des missions devant se poser sur son sol ont échoué. En 1998-1999, après l’écrasement successif des sondes Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander à cause d’erreurs dans le logiciel de pilotage, la NASA a resserré sévèrement les critères de ses missions. Afin de s’assurer d’un financement, elle les a aussi orientées vers un but précis et commun : trouver des traces d’eau. «Car là où il y a de l’eau, il peut y avoir la vie, et ce, même dans des endroits gelés en permanence», explique Barry Goldstein.
Phoenix est la première mission issue du nouveau programme SCOUT de l’agence états-unienne, une compétition entre scientifiques pour proposer les meilleures idées… au meilleur prix. En juin 2005, au terme du concours présentant plus de 20 projets différents, c’est le professeur Peter Smith, de l’université de l’Arizona, qui a obtenu la palme et les 420 millions $ pour construire et expédier son projet sur Mars. Un coût «raisonnable», dit-on, puisque le projet du chercheur réutilise presque entièrement l’expertise et le matériel de la sonde Mars Surveyor Lander, construite par la société aéronautique Lockheed-Martin. En 2000, le lancement de cette sonde avait été annulé. C’est de là que Phoenix tire sa désignation: l’oiseau légendaire qui renaît de ses cendres. Sans oublier le nom de la capitale de l’Arizona, où le projet a vu le jour.
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Par Thomas Gervais
Un satellite y a vu les vestiges de gigantesques coulées desséchées. Les robots Spirit et Opportunity y ont découvert des rochers portant des traces d’érosion marine. Les preuves s’accumulent: Mars recèle une grande quantité d’eau. «Et cette fois-ci, nous allons la trouver, la prélever et même y goûter», lance Barry Goldstein, en s’affalant sur la chaise de son bureau du Jet Propulsion Laboratory (JPL), à Pasadena, en Californie. Souriant et décontracté, le directeur de la mission Phoenix fait pourtant face au plus grand défi de son illustre carrière à la NASA: faire atterrir un laboratoire complet de géologie, de chimie organique et de météorologie près du pôle nord de la planète rouge afin de détecter la présence d’eau et – qui sait? – les premiers indices de vie extraterrestre.
Mais ne se rend pas sur Mars qui veut. Près des deux tiers des missions devant se poser sur son sol ont échoué. En 1998-1999, après l’écrasement successif des sondes Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander à cause d’erreurs dans le logiciel de pilotage, la NASA a resserré sévèrement les critères de ses missions. Afin de s’assurer d’un financement, elle les a aussi orientées vers un but précis et commun : trouver des traces d’eau. «Car là où il y a de l’eau, il peut y avoir la vie, et ce, même dans des endroits gelés en permanence», explique Barry Goldstein.
Phoenix est la première mission issue du nouveau programme SCOUT de l’agence états-unienne, une compétition entre scientifiques pour proposer les meilleures idées… au meilleur prix. En juin 2005, au terme du concours présentant plus de 20 projets différents, c’est le professeur Peter Smith, de l’université de l’Arizona, qui a obtenu la palme et les 420 millions $ pour construire et expédier son projet sur Mars. Un coût «raisonnable», dit-on, puisque le projet du chercheur réutilise presque entièrement l’expertise et le matériel de la sonde Mars Surveyor Lander, construite par la société aéronautique Lockheed-Martin. En 2000, le lancement de cette sonde avait été annulé. C’est de là que Phoenix tire sa désignation: l’oiseau légendaire qui renaît de ses cendres. Sans oublier le nom de la capitale de l’Arizona, où le projet a vu le jour.
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