Reportages
Génie sauvage (extrait)
Les solutions aux plus grands défis technologiques de l’humanité ont déjà été trouvées. Les plantes et les animaux fournissent des modèles parfaits pour les ingénieurs. C’est ce qu’affirme Janine Benyus, la gourou du biomimétisme. Entrevue et 10 exemples d’applications surprenantes.
Par Noémi Mercier
La prodigieuse ingéniosité de la nature s’est portée plus d’une fois au secours des inventeurs. Les frères Wright ont observé le vol des vautours avant d’imaginer le premier avion. L’idée du velcro est venue à Georges de Mestral, un ingénieur suisse, lorsqu’il a examiné les chardons accrochés aux poils de son chien. Se servir des plantes, des animaux et des écosystèmes comme modèles pour concevoir de nouvelles technologies, c’est ce qu’on appelle le «biomimétisme».
Au cours de la dernière décennie, de nombreuses innovations «biomimétiques» ont vu le jour dans tous les domaines: la colle non toxique empruntée aux mollusques, les édifices construits comme des termitières, et les écrans électroniques calqués sur les ailes des papillons. Élégantes et originales, ces inventions sont souvent plus efficaces sur le plan énergétique et moins polluantes que les technologies existantes. La biologiste Janine Benyus y voit davantage qu’une source d’inspiration et veut en faire une discipline scientifique à part entière, un mouvement écologique et la base d’une refonte de nos pratiques industrielles.
Choisie parmi les «héros de l’environnement» du magazine Time, elle dirige un institut de recherche (le Biomimicry Institute) et une firme d’experts-conseils (la Biomimicry Guild) qui passent leur temps à observer comment dame Nature adapte l’environnement. Elle présentera une sélection des 100 meilleures dans un livre qui doit paraître cette année, Nature’s 100 Best.
Québec Science l’a rencontrée à l’occasion du Congrès mondial de la nature qui se tenait à Barcelone en octobre 2008.
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