Trou de mémoire
La bataille de Québec (extrait)
Deuxième partie
Le mois dernier, Québec Science a raconté le siège de Québec. Cet épisode s’inscrivait dans un contexte plus général: la guerre de Sept ans. Nous en arrivons maintenant à un événement fatidique: la bataille des plaines d’Abraham.
Après des semaines de raids et de combats, l’armée britannique réussit enfin à débarquer à proximité de Québec. Au point du jour, le 13 septembre, les soldats gagnent les hauteurs qui dominent les plaines d’Abraham, juste devant la ville. À 10 h, la bataille est engagée. Elle changera le destin du pays.
Par Raymond Lemieux
L’été a été terrible. Un été de fer, de feu et de sang. Des milliers de boulets et de bombes incendiaires ont été tirés. Le quartier de la basse-ville est rasé; la cathédrale, saccagée; le château Saint-Louis, dévasté. Québec est en ruines. Mais après 80 jours de bombardements, la capitale n’est toujours pas tombée; elle est encore française.
Les Anglais sont découragés; la ville semble imprenable. La moitié de leurs soldats sont hors de combat et le général Wolfe est malade depuis un mois. Et puis, il pleut. Un vrai temps de chien.
Charles Saunders, l’amiral responsable de l’immense flotte qui mouille devant Québec, songe à lever l’ancre; sinon, tôt ou tard, l’hiver et le fleuve piégeront ses navires.
Le 2 septembre, les habits rouges abandonnent le camp qu’ils avaient établi près des chutes Montmorency. Est-ce la fin de l’été anglais? C’est ce qu’espère le général Louis-Joseph Montcalm, commandant des forces françaises. Jusqu’alors, la stratégie défensive de cet aristocrate de 47 ans fonctionne: aucun débarquement n’a réussi et ses soldats sont sortis victorieux de tous les affrontements majeurs.
James Wolfe maugrée; il ne peut pas se résigner. Les Anglais sont maîtres du fleuve; leurs navires vont et viennent à leur guise. Aucun de leurs bâtiments n’a été coulé. Mais la ville résiste toujours. Il est orgueilleux, le général; il fulmine, engueule ses brigadiers, examine 100 fois les cartes de la Nouvelle-France qu’on lui a dessinées. Puis, il se souvient de ce passage le long du ruisseau Saint-Denis, près de l’anse au Foulon. Ce chemin permet d’atteindre les hauteurs des falaises du cap Diamant sans trop de difficulté et il est assez large pour qu’y soit transportée de l’artillerie légère. Il suit approximativement l’actuelle côte Gilmour qui relie le boulevard Champlain, longeant le Saint-Laurent, au parc des Champs-de-Bataille, près du Musée de Québec.
Le gouverneur général de la Nouvelle-France, Pierre Rigaud de Vaudreuil – que Montcalm a pris en grippe –, avait fait remarquer que cet accès n’était pas suffisamment défendu. Il y a bien la batterie Samos, composée d’un mortier, de quatre canons et tenue par quelques dizaines d’hommes. Mais c’est tout. Wolfe réfléchit: «Et si on tentait le coup par là?» Les autres généraux essaient de l’en dissuader jugeant l’idée un peu folle. Mais le général est têtu et il n’ a plus grand-chose à perdre.
Pour lire la suite, abonnez-vous au magazine Québec Science ou procurez-vous votre exemplaire en kiosque!