Mars 2006

Il

Bte et animal

Florale attraction

La belle orchidée ressemble à s'y méprendre à une guêpe femelle. Même forme, même couleur, même parfum. Et le mâle se fait avoir... à répétition. Croyant s'accoupler avec des partenaires de son espèce, Monsieur Guêpe transporte le pollen d'orchidée en orchidée, en fécondant tout un bouquet!


Les palettes de l’amour

Les couleurs chatoyantes de l’épinoche mâle en rut ou le mandrill aux organes génitaux bleus, rouges ou jaunes, bien des animaux voient l’amour en technicolor. De nombreuses espèces perçoivent même des teintes qui sont invisibles à l’œil humain. Si nous ne captons que le bleu, le vert et le rouge, les oiseaux et les insectes, ainsi que de nombreux reptiles et poissons, voient l’ultraviolet, ce qui élargit considérablement leur palette de couleurs. Ainsi, on a longtemps cru que le mâle et la femelle de la mésange bleue étaient de la même couleur. Il n’en est rien: les mâles ont une calotte beaucoup plus riche en ultraviolet, dont l’intensité permet aux femelles de juger de la “virilité” de leur partenaire potentiel. Cet attribut n’a rien d’anodin, car les femelles qui s’accouplent avec les mâles vivement colorés produisent surtout des mâles, alors que celles qui ne trouvent que des messieurs mésanges “peu ultraviolets” produisent davantage de femelles. Les mâles “plus ultraviolets” survivent mieux l’hiver suivant, ce qui assure la perpétuation du signal.


Pleins feux sur la séduction

Chez les poissons Porichthys, la femelle s’illumine quand elle est prête à s’accoupler. Le mâle la repère, grogne et, si elle s’approche, se met à clignoter et passe du gris au rose lumineux! La bioluminescence, cette émission de lumière par des êtres vivants, existait chez les animaux bien avant que Thomas Edison invente l’ampoule électrique; et son rendement énergétique est très largement supérieur à celui des technologies modernes. Ce sont les lucioles qui possèdent le système de production de lumière le plus performant, car il dégage très peu de chaleur. Le secret? La luciférine, une petite molécule qui s’oxyde sous l’action d’une protéine, la luciférase. Une liaison chimique unissant deux atomes d’oxygène se brise, libérant beaucoup d’énergie. Cette énergie, concentrée dans un composé fluorescent, émet ensuite de la lumière.


Divorce chez les oiseaux

Ce n’est pas parce qu’ils sont monogames que les volatiles ne commettent pas d’infidélités. Les deux tiers des espèces d’oiseaux monogames, dont l’oie des neiges et l’albatros par exemple, commettraient l’adultère à l’occasion. Le drame se déroule souvent pendant que le papa couve les œufs. Le regard de la femelle est alors attiré par un séduisant mâle qui s’installe à quelques mètres du nid et lui chante la sérénade. C’est le coup de foudre. La femelle abandonne sa famille et s’envole avec son nouveau partenaire.

La monogamie ornithologique a pourtant sa raison d’être. “Comme les deux parents sont généralement nécessaires pour l’incubation des œufs, l’évolution a favorisé les couples qui s’entraident”, explique Frédérique Dubois, professeure à l’Université de Montréal, spécialiste du “divorce” chez les oiseaux. Mais la sélection naturelle peut venir brouiller les cartes. Les femelles cherchent à s’accoupler avec les mâles les plus colorés et les plus puissants, de façon à renforcer l’espèce pour les générations ultérieures… au risque de cocufier leur conjoint.


À lire
Elle: Bête et animal

 
.