Il
Le mec plus ultra
Des figurines pour enfants aux stars d’Hollywood, le physique masculin idéal s’éloigne de plus en plus de Monsieur Tout-le-monde.
par Noémi Mercier
GI Joe a pris du muscle! S’il avait mesuré 1,78 m, le petit soldat de 1964 aurait été à peine plus massif qu’un joueur de soccer. La version “extrême” de 1998 a gagné 26 cm de tour de poitrine et ses biceps ont doublé de circonférence! C’est ce qu’ont remarqué des médecins du Massachusetts, aux États-Unis, en mesurant les proportions d’une variété de modèles de figurines. Celles de Han Solo et de Luke Skywalker, héros de La guerre des étoiles, avaient l’air eux aussi de gringalets inoffensifs en 1978 à côté des athlètes surdimensionnés qu’ils sont devenus aujourd’hui.
Des figurines pour enfants aux stars d’Hollywood, le physique masculin idéal s’éloigne de plus en plus de Monsieur Tout-le-monde à mesure qu’il se rapproche de Monsieur Univers. Faut-il s’étonner qu’au pays de Brad Pitt, plus de 40% des hommes soient insatisfaits de leur apparence physique, trois fois plus qu’il y a 25 ans? “L’estime de soi des hommes et des garçons est davantage rattachée à l’image corporelle qu’auparavant”, confirme Howard Steiger, professeur au département de psychiatrie de l’Université McGill et directeur du programme des troubles de l’alimentation à l’Hôpital Douglas, à Montréal. L’industrie des produits de beauté profite grassement de cette tendance: les ventes mondiales de cosmétiques pour hommes ont bondi de 36% entre 1999 et 2004.
Ces messieurs seraient aussi de plus en plus nombreux à vouloir se faire du muscle, parfois au point de développer un trouble alimentaire ou obsessif. Le terme anglais bigorexia a été inventé pour qualifier ceux qui, par exemple, passent tout leurs temps libres au gymnase, abusent de stéroïdes anabolisants ou suivent des régimes intensifs. “Le syndrome n’est pas officiellement reconnu, mais il est vrai que ce genre de préoccupations peut devenir assez obsédant pour menacer la santé de l’individu, constate Howard Steiger. Ainsi, les hommes qui souffrent d’anorexie nerveuse ont tendance à se soucier de leurs muscles et de la forme de leur corps, tandis que le même syndrome se manifeste plutôt chez les femmes par une quête de la minceur extrême.” Les personnes atteintes de dysmorphophobie, quant à elles, sont persuadées qu’une partie de leur anatomie est difforme. Chez les hommes, le trouble passe souvent, là encore, par les muscles: ils sont convaincus que leur corps est anormalement sous-développé alors que, dans bien des cas, ils sont beaucoup plus “bâtis” que la moyenne.
Dans un monde où les différences entre les sexes s’effacent de plus en plus sur les plans social et professionnel, un corps hyper-musclé représenterait-il le symbole par excellence de la masculinité? “Je serais plutôt porté à croire que nous vivons dans une société qui véhicule beaucoup de mythes autour du contrôle, estime Howard Steiger. Avec la modernisation, nous avons développé l’illusion que nous pouvons sculpter notre corps, comme nous maîtrisons notre environnement ou notre santé.”
Mais qu’en pensent les femmes? Préfèrent-elles vraiment les beaux costauds? Pas sûr. En amalgamant par ordinateur les visages de plusieurs personnes “ordinaires”, la psychologue Judith Langlois, de l’université du Texas, a démontré que les visages “moyens” ainsi obtenus sont jugés plus séduisants que chacun des visages individuels, à condition que les composites soient formés d’au moins 16 figures différentes. Les petites anomalies propres à chacun (un sourcil un peu plus haut que l’autre, un coin de la bouche tombant) s’effacent dans le visage “moyen”: la beauté ne serait-elle rien d’autre qu’une parfaite absence de particularité?
Les psychologues évolutionnistes préfèrent parler de symétrie. Pour cette communauté de chercheurs qui voient nos comportements comme de purs produits de la sélection naturelle, les êtres humains sont attirés par la symétrie parce qu’ils y voient la manifestation d’un bon bagage génétique. “Nous portons tous de légères asymétries. Elles surgissent lorsque nous sommes confrontés à des pressions de l’environnement et que nos gènes sont incapables d’y faire face, dit Michael R. Snyder qui enseigne l’approche évolutionniste en psychologie à l’université de l’Alberta. Plus votre génotype est robuste, plus il saura résister aux stress environnementaux, comme une carence en vitamines ou une longue exposition au froid, et plus vous aurez un corps symétrique.” À ce chapitre, nous ne serions donc pas très différents des animaux. Chez les mouches, par exemple, les femelles sont plus enclines à s’accoupler avec des mâles aux ailes très symétriques.
En recherchant la symétrie chez leurs partenaires sexuels, nos lointains ancêtres auraient augmenté les chances de survie de leur progéniture, puisque cette qualité serait le gage d’un ADN de première classe. Cette préférence se serait donc perpétuée jusqu’à nos jours grâce à l’évolution.
Le défi de la symétrie est particulièrement difficile à relever pour les hommes, car leur principale hormone sexuelle, la testostérone, a une fâcheuse tendance à affaiblir leur système immunitaire. “Les hommes forts en testostérone développent des traits hyper-masculins comme une barbe fournie, une mâchoire carrée et un torse musclé, explique Michael R. Snyder. Mais ils sont aussi plus susceptibles de souffrir d’affections qui risquent d’occasionner des asymétries comme une cicatrice ou un membre atrophié.” C’est donc à une promesse de gènes de qualité et d’une santé de fer que les femmes succomberaient lorsqu’elles se pâment sur des apollons au corps aussi viril que symétrique.
Même le plus beau des princes charmants, toutefois, n’éveillera pas à coup sûr les passions de ces dames. Encore faut-il que le moment soit propice. La majorité du temps, les femmes préfèrent en fait les visages doux plutôt que les traits décidément “mâles”… sauf pendant la période la plus fertile de leur cycle menstruel. Des chercheurs britanniques et japonais l’ont découvert en manipulant graphiquement des visages d’hommes de façon à les rendre plus féminins ou plus masculins. Une centaine de participantes devaient choisir avec qui elles préféreraient avoir une aventure. C’est seulement pendant les quelques jours où le potentiel de conception était le plus élevé qu’elles choisissaient la figure plus masculine, à la forme plus carrée, au menton plus fort, aux sourcils plats et aux lèvres minces.
En période de fertilité, même le nez des demoiselles frémit davantage devant la beauté masculine. Des psychologues de l’université du Nouveau-Mexique ont mené une expérience consistant à faire sentir à des jeunes femmes une série de t-shirts préalablement portés par des hommes. Conclusion: celles qui approchent de la phase la plus féconde de leur cycle sont plus attirées par l’odeur des hommes au visage et au corps symétriques que par l’effluve des hommes asymétriques, même en l’absence de tout indice visuel. Alors, malheureux en amour? Dévalisez le panier à linge sale de votre bellâtre de colocataire…
Il n’y a pas que les hormones qui embrouillent la perception des femmes. Leur cerveau emprunte aussi des chemins différents de celui des hommes pour juger de l’attirance d’un individu, selon une étude d’imagerie cérébrale menée par Vinod Goel, professeur de psychologie à l’université York, à Toronto. Chez les messieurs, comme chez les dames, l’image d’un beau visage du sexe opposé active les noyaux gris centraux, une zone impliquée dans la motivation. Les femmes font cependant appel à des couches cérébrales supplémentaires. “Nos sujets devaient évaluer la beauté d’une série de figures projetées sur un écran pendant que nous mesurions leur activité cérébrale dans un scanneur, résume le chercheur. Lorsque les femmes appréciaient un visage masculin, elles recrutaient des parties du cortex associatif. Cette région reçoit de l’information de plusieurs systèmes sensoriels et participe à la coordination d’autres fonctions. Il est donc possible que le cerveau féminin traite la beauté différemment, de façon plus abstraite.” Monsieur Muscle peut aller se rhabiller.
L’habit fait le moine
Les beaux ont plus de chances de réussir dans la vie.
Les mamans jouent davantage avec leur nourrisson s’il est beau; s’il ne l’est pas, elles se concentrent plutôt sur les apprentissages. Demandez à des adultes de juger des bambins de sept ans accusés d’avoir lancé une boule de neige sur un camarade dans la cour de récréation: ils donneront aux jolis enfants, plus qu’aux laids, le bénéfice du doute. Si on présente à des enseignants du primaire des renseignements identiques sur des élèves accompagnés de leur photo, les enfants au joli minois seront perçus comme étant plus doués à l’école. “Quand vous êtes beau, les gens vous trouvent intelligent; ils vous pardonnent tout et vous renvoient une bonne image de vous-même. Les individus choyés par la nature développent très tôt une meilleure estime d’eux-mêmes”, explique Jean-François Amadieu, professeur en sciences de la gestion et directeur de l’Observatoire des discriminations à l’Université Paris I.
Dans son livre Le poids des apparences (Odile Jacob), il répertorie des dizaines d’études qui l’ont convaincu que le parcours socioprofessionnel est conditionné par l’aspect physique. “La beauté modifie la destinée sociale, dit-il. Sur le plan de la réussite professionnelle, une belle apparence est équivalente à plusieurs années d’études, et peut engendrer des discriminations plus importantes que celles fondées sur le sexe ou la couleur de la peau.”
Une étude auprès de Canadiens faite par la psychologue Patricia Roszell a fait ressortir que les plus beaux gagnaient un salaire plus élevé que la moyenne nationale.
Encore faut-il avoir mis le pied dans l’entreprise… Un CV accompagné d’une photo séduisante suscite plus de convocations à une entrevue que le même CV, flanqué d’une photo moins flatteuse. “Il faut supprimer les photos des CV, préconise Jean-François Amadieu, tout en encourageant les individus à exploiter leur apparence à leur profit. Car plus vous vous élevez dans la hiérarchie des emplois, plus une apparence séduisante devient nécessaire.”
À lire
par Noémi Mercier
GI Joe a pris du muscle! S’il avait mesuré 1,78 m, le petit soldat de 1964 aurait été à peine plus massif qu’un joueur de soccer. La version “extrême” de 1998 a gagné 26 cm de tour de poitrine et ses biceps ont doublé de circonférence! C’est ce qu’ont remarqué des médecins du Massachusetts, aux États-Unis, en mesurant les proportions d’une variété de modèles de figurines. Celles de Han Solo et de Luke Skywalker, héros de La guerre des étoiles, avaient l’air eux aussi de gringalets inoffensifs en 1978 à côté des athlètes surdimensionnés qu’ils sont devenus aujourd’hui.
Des figurines pour enfants aux stars d’Hollywood, le physique masculin idéal s’éloigne de plus en plus de Monsieur Tout-le-monde à mesure qu’il se rapproche de Monsieur Univers. Faut-il s’étonner qu’au pays de Brad Pitt, plus de 40% des hommes soient insatisfaits de leur apparence physique, trois fois plus qu’il y a 25 ans? “L’estime de soi des hommes et des garçons est davantage rattachée à l’image corporelle qu’auparavant”, confirme Howard Steiger, professeur au département de psychiatrie de l’Université McGill et directeur du programme des troubles de l’alimentation à l’Hôpital Douglas, à Montréal. L’industrie des produits de beauté profite grassement de cette tendance: les ventes mondiales de cosmétiques pour hommes ont bondi de 36% entre 1999 et 2004.
Ces messieurs seraient aussi de plus en plus nombreux à vouloir se faire du muscle, parfois au point de développer un trouble alimentaire ou obsessif. Le terme anglais bigorexia a été inventé pour qualifier ceux qui, par exemple, passent tout leurs temps libres au gymnase, abusent de stéroïdes anabolisants ou suivent des régimes intensifs. “Le syndrome n’est pas officiellement reconnu, mais il est vrai que ce genre de préoccupations peut devenir assez obsédant pour menacer la santé de l’individu, constate Howard Steiger. Ainsi, les hommes qui souffrent d’anorexie nerveuse ont tendance à se soucier de leurs muscles et de la forme de leur corps, tandis que le même syndrome se manifeste plutôt chez les femmes par une quête de la minceur extrême.” Les personnes atteintes de dysmorphophobie, quant à elles, sont persuadées qu’une partie de leur anatomie est difforme. Chez les hommes, le trouble passe souvent, là encore, par les muscles: ils sont convaincus que leur corps est anormalement sous-développé alors que, dans bien des cas, ils sont beaucoup plus “bâtis” que la moyenne.
Dans un monde où les différences entre les sexes s’effacent de plus en plus sur les plans social et professionnel, un corps hyper-musclé représenterait-il le symbole par excellence de la masculinité? “Je serais plutôt porté à croire que nous vivons dans une société qui véhicule beaucoup de mythes autour du contrôle, estime Howard Steiger. Avec la modernisation, nous avons développé l’illusion que nous pouvons sculpter notre corps, comme nous maîtrisons notre environnement ou notre santé.”
Mais qu’en pensent les femmes? Préfèrent-elles vraiment les beaux costauds? Pas sûr. En amalgamant par ordinateur les visages de plusieurs personnes “ordinaires”, la psychologue Judith Langlois, de l’université du Texas, a démontré que les visages “moyens” ainsi obtenus sont jugés plus séduisants que chacun des visages individuels, à condition que les composites soient formés d’au moins 16 figures différentes. Les petites anomalies propres à chacun (un sourcil un peu plus haut que l’autre, un coin de la bouche tombant) s’effacent dans le visage “moyen”: la beauté ne serait-elle rien d’autre qu’une parfaite absence de particularité?
Les psychologues évolutionnistes préfèrent parler de symétrie. Pour cette communauté de chercheurs qui voient nos comportements comme de purs produits de la sélection naturelle, les êtres humains sont attirés par la symétrie parce qu’ils y voient la manifestation d’un bon bagage génétique. “Nous portons tous de légères asymétries. Elles surgissent lorsque nous sommes confrontés à des pressions de l’environnement et que nos gènes sont incapables d’y faire face, dit Michael R. Snyder qui enseigne l’approche évolutionniste en psychologie à l’université de l’Alberta. Plus votre génotype est robuste, plus il saura résister aux stress environnementaux, comme une carence en vitamines ou une longue exposition au froid, et plus vous aurez un corps symétrique.” À ce chapitre, nous ne serions donc pas très différents des animaux. Chez les mouches, par exemple, les femelles sont plus enclines à s’accoupler avec des mâles aux ailes très symétriques.
En recherchant la symétrie chez leurs partenaires sexuels, nos lointains ancêtres auraient augmenté les chances de survie de leur progéniture, puisque cette qualité serait le gage d’un ADN de première classe. Cette préférence se serait donc perpétuée jusqu’à nos jours grâce à l’évolution.
Le défi de la symétrie est particulièrement difficile à relever pour les hommes, car leur principale hormone sexuelle, la testostérone, a une fâcheuse tendance à affaiblir leur système immunitaire. “Les hommes forts en testostérone développent des traits hyper-masculins comme une barbe fournie, une mâchoire carrée et un torse musclé, explique Michael R. Snyder. Mais ils sont aussi plus susceptibles de souffrir d’affections qui risquent d’occasionner des asymétries comme une cicatrice ou un membre atrophié.” C’est donc à une promesse de gènes de qualité et d’une santé de fer que les femmes succomberaient lorsqu’elles se pâment sur des apollons au corps aussi viril que symétrique.
Même le plus beau des princes charmants, toutefois, n’éveillera pas à coup sûr les passions de ces dames. Encore faut-il que le moment soit propice. La majorité du temps, les femmes préfèrent en fait les visages doux plutôt que les traits décidément “mâles”… sauf pendant la période la plus fertile de leur cycle menstruel. Des chercheurs britanniques et japonais l’ont découvert en manipulant graphiquement des visages d’hommes de façon à les rendre plus féminins ou plus masculins. Une centaine de participantes devaient choisir avec qui elles préféreraient avoir une aventure. C’est seulement pendant les quelques jours où le potentiel de conception était le plus élevé qu’elles choisissaient la figure plus masculine, à la forme plus carrée, au menton plus fort, aux sourcils plats et aux lèvres minces.
En période de fertilité, même le nez des demoiselles frémit davantage devant la beauté masculine. Des psychologues de l’université du Nouveau-Mexique ont mené une expérience consistant à faire sentir à des jeunes femmes une série de t-shirts préalablement portés par des hommes. Conclusion: celles qui approchent de la phase la plus féconde de leur cycle sont plus attirées par l’odeur des hommes au visage et au corps symétriques que par l’effluve des hommes asymétriques, même en l’absence de tout indice visuel. Alors, malheureux en amour? Dévalisez le panier à linge sale de votre bellâtre de colocataire…
Il n’y a pas que les hormones qui embrouillent la perception des femmes. Leur cerveau emprunte aussi des chemins différents de celui des hommes pour juger de l’attirance d’un individu, selon une étude d’imagerie cérébrale menée par Vinod Goel, professeur de psychologie à l’université York, à Toronto. Chez les messieurs, comme chez les dames, l’image d’un beau visage du sexe opposé active les noyaux gris centraux, une zone impliquée dans la motivation. Les femmes font cependant appel à des couches cérébrales supplémentaires. “Nos sujets devaient évaluer la beauté d’une série de figures projetées sur un écran pendant que nous mesurions leur activité cérébrale dans un scanneur, résume le chercheur. Lorsque les femmes appréciaient un visage masculin, elles recrutaient des parties du cortex associatif. Cette région reçoit de l’information de plusieurs systèmes sensoriels et participe à la coordination d’autres fonctions. Il est donc possible que le cerveau féminin traite la beauté différemment, de façon plus abstraite.” Monsieur Muscle peut aller se rhabiller.
L’habit fait le moine
Les beaux ont plus de chances de réussir dans la vie.
Les mamans jouent davantage avec leur nourrisson s’il est beau; s’il ne l’est pas, elles se concentrent plutôt sur les apprentissages. Demandez à des adultes de juger des bambins de sept ans accusés d’avoir lancé une boule de neige sur un camarade dans la cour de récréation: ils donneront aux jolis enfants, plus qu’aux laids, le bénéfice du doute. Si on présente à des enseignants du primaire des renseignements identiques sur des élèves accompagnés de leur photo, les enfants au joli minois seront perçus comme étant plus doués à l’école. “Quand vous êtes beau, les gens vous trouvent intelligent; ils vous pardonnent tout et vous renvoient une bonne image de vous-même. Les individus choyés par la nature développent très tôt une meilleure estime d’eux-mêmes”, explique Jean-François Amadieu, professeur en sciences de la gestion et directeur de l’Observatoire des discriminations à l’Université Paris I.
Dans son livre Le poids des apparences (Odile Jacob), il répertorie des dizaines d’études qui l’ont convaincu que le parcours socioprofessionnel est conditionné par l’aspect physique. “La beauté modifie la destinée sociale, dit-il. Sur le plan de la réussite professionnelle, une belle apparence est équivalente à plusieurs années d’études, et peut engendrer des discriminations plus importantes que celles fondées sur le sexe ou la couleur de la peau.”
Une étude auprès de Canadiens faite par la psychologue Patricia Roszell a fait ressortir que les plus beaux gagnaient un salaire plus élevé que la moyenne nationale.
Encore faut-il avoir mis le pied dans l’entreprise… Un CV accompagné d’une photo séduisante suscite plus de convocations à une entrevue que le même CV, flanqué d’une photo moins flatteuse. “Il faut supprimer les photos des CV, préconise Jean-François Amadieu, tout en encourageant les individus à exploiter leur apparence à leur profit. Car plus vous vous élevez dans la hiérarchie des emplois, plus une apparence séduisante devient nécessaire.”