Novembre 2008

Reportages

Ondes de choc (extrait)

Le téléphone cellulaire peut-il provoquer la formation d’une tumeur? Peut-être que oui; peut-être que non… Alors, si ça sonne, on répond?

Par Noémi Mercier


L’église Saint-Louis-de-France, à Terrebonne, est fière de sa façade en pierre et de ses trois clochers. Impossible de savoir, en la regardant, qu’ils dissimulent des antennes de téléphonie cellulaire. Installées par la compagnie Rogers, celles-ci diffuseraient dans le voisinage un poison invisible et mortel.

C’est du moins ce que craint un groupe de résidants qui s’est mobilisé pour exiger leur retrait. «Dans un rayon de 250 m autour des clochers, on retrouve trois écoles, un collège et une garderie. Trois mille six cents enfants sont exposés à longueur de journée», s’indigne le porte-parole du comité de résidants, François Therrien. Ce simple citoyen, qui enseigne le métier d’électricien, est parti en guerre contre les antennes, alertant les médias et distribuant des tracts sur le parvis de l’église. «Si j’avais su, je n’aurais jamais inscrit mes enfants à ce collège», renchérit une voisine, Brigitte Beaudoin.

Ces citoyens redoutent les effets des ondes bien particulières – les micro-ondes – employées dans la téléphonie mobile, les radars, les réseaux Internet sans fil et, bien sûr, les fours. Lorsqu’un individu utilise son cellulaire, des signaux électromagnétiques sont transmis à une antenne qui les aiguillonne vers l’appareil de son interlocuteur. «L’éventail des dommages que ces rayonnements peuvent causer est énorme, soutient François Therrien qui vit à côté de l’église. Les antennes devraient être éloignées des zones résidentielles et des lieux fréquentés par des enfants et des personnes âgées.»

On accuse effectivement les micro-ondes de bien des maux: d’augmenter les risques de cancer et d’alzheimer, de nuire au sommeil et à la concentration, de déclencher des crises d’épilepsie, des migraines et toute une panoplie de réactions allergiques. Cependant, la majorité des scientifiques s’en sont longtemps tenus au même message: les données disponibles ne permettent pas de conclure à un véritable danger.

Certes, ces radiations pénètrent le corps humain – la tête absorbe la moitié de celles qui sont émises par le combiné – et elles peuvent chauffer les tissus. Votre cerveau cuirait littéralement si vous le mettiez dans un four à micro-ondes. Mais votre portable, lui, n’est pas assez puissant pour vous griller de la sorte. «C’est à cela que servent les normes gouvernementales. Elles obligent à limiter la puissance du signal pour nous protéger du réchauffement des tissus que pourraient occasionner les ondes», précise le docteur Patrick Levallois, professeur au département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval.

Notre cervelle ne risque pas de rôtir, d’accord, mais les micro-ondes sont-elles inoffensives pour autant? Ceux qui ne s’en servent qu’une fois de temps en temps n’ont sans doute pas à s’inquiéter. Mais pour les accros qui ont adopté la technologie avant tout le monde, c’est une autre histoire.

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