Octobre 2006

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Inno techno

Le train du toit du monde

Pour parvenir à relier par rail le Tibet à la Chine centrale, à travers un des environnements les plus inhospitaliers du monde, le gouvernement chinois s’est allié à Bombardier Transport.

par Thomas Gervais

La voie terrestre reliant Lhassa, la capitale tibétaine, à Golmud, dans l’État voisin de Qinghai s’impose aux voyageurs comme l’une des plus hostiles du globe. C’est pourtant là, aux confins de l’Himalaya, que le ministère des Chemins de fer (MCF) chinois a choisi de poser ses rails. Cet audacieux projet ferroviaire a suscité autant d’admiration que de critiques dès le début de sa construction, il y a six ans.

Sur les 1 100 km de ce trajet serpentant sur le toit du monde, 960 km se situent à une altitude supérieure à 4 000 m. Là-haut, le taux d’oxygène dans l’air est inférieur de 50% à celui qu’on retrouve au niveau de la mer. Le rayonnement ultraviolet, à peine filtré par la fine couche atmosphérique, y est particulièrement intense. S’ajoutent à cela des écarts de température extrêmes, des tempêtes de neige ou de sable, selon les saisons, et des orages électriques. Autant de contraintes qui empêchent le passage des wagons “normaux”.

Mais rien ne semble impossible pour l’empire du Milieu. Afin de construire des trains capables de supporter de telles conditions, le MCF a fait appel à l’expertise d’entreprises bien connues chez nous. C’est la compagnie Bombardier Sifang Power (BSP), fondée conjointement par Bombardier Transport, Power Corporation et CSR Sifang Locomotive, une entreprise chinoise, qui a décroché (sans appel d’offres!) le contrat.

“Les wagons s’inspirent de ceux que nous avons construits pour assurer la liaison Pékin-Shanghai, explique Amir Levin, directeur de BSP. Ils roulent à la même vitesse: 160 km/h. Nous avons ensuite passé 10 mois à les adapter au climat du plateau tibétain.”

Des génératrices d’oxygène, incorporées au système de climatisation, permettent d’en maintenir la concentration au même niveau que celui que l’on retrouve normalement à 2 500 m d’altitude, soit 1 500 m plus bas que le tracé du chemin de fer. Pour les voyageurs particulièrement sensibles au mal des montagnes, des masques à oxygène permettent de respirer un air semblable à celui qu’on retrouve au niveau de la mer. Chaque voiture est par ailleurs équipée de fenêtres doubles isolantes, capables de filtrer 95% des rayons UV. Les trains sont aussi dotés de systèmes de protection contre la foudre et recouverts d’une peinture résistant à l’abrasion.

D’ici la fin de 2007, BSP aura fourni 173 voitures au MCF et 51 voitures de luxe commandées par RailPartners, un investisseur privé cherchant à exploiter l’attrait panoramique et touristique de la ligne.

Ce glorieux rejeton de l’économie planifiée chinoise, qualifié de “miracle de l’ingénierie” par la presse locale, suscite pourtant une vive controverse. Plus de la moitié du parcours, soit 550 km, est construite à même le pergélisol, un terrain très instable qui gèle et dégèle en surface au gré des saisons. Pour prévenir un éventuel gondolement de la voie, les ingénieurs chinois ont dû développer plusieurs techniques de refroidissement du sol. L’une d’elles consiste à monter les rails sur une structure truffée de tuyaux d’aération qui permettent à l’air glacé des montagnes de pénétrer dans le sol et de limiter son dégel en été. Selon le magazine Fortune, toutes ces précautions font grimper la note à près de 7 millions $ le kilomètre, sans compter des coûts d’entretien annuels faramineux.

Plusieurs ONG de défense des droits des Tibétains voient dans cet “Occident Express” un chemin tout tracé vers la colonisation culturelle, économique et militaire du Xizang (“Trésor de l’ouest”, en mandarin). L’année dernière, Bombardier Transport a même essuyé les critiques d’ONG comme Students for a Free Tibet et de certains de ses propres actionnaires. De son côté, le gouvernement de Pékin considère son investissement – plus de 4,5 milliards $ – comme une aide généreuse dont les Tibétains devraient se réjouir. Ce montant, ironise un rapport de la Campagne Internationale pour le Tibet, est supérieur à toute l’aide consentie par la Chine en santé et en éducation dans cette région.

Une fois le chemin de fer du “Trésor de l’ouest” construit, il ne restera plus qu’à voir quelle direction les richesses prendront.

La fourmi et le robot

Hexapode a l’air d’un gros insecte à six pattes. Il peut marcher sur Mars ou un terrain ravagé par un tremblement de terre, et même dans une ville dévastée par une catastrophe nucléaire. Pour concevoir ce robot marcheur, Mathieu Goulet et Clément Gosselin se sont inspirés de la fourmi, une bestiole capable de triompher des obstacles les plus difficiles. Les deux étudiants en génie mécanique de l’Université Laval ont modélisé le mouvement de l’insecte et ils ont ensuite réalisé un prototype doté de 6 pattes indépendantes et de 18 moteurs. Ce petit bijou de technologie est souple, fort, et programmé pour effectuer plus de mouvements que la plupart des autres engins du même type. Il a en plus des aptitudes sensorielles. Grâce à des capteurs installés au bout des pattes, Hexapode “sent” littéralement le terrain sur lequel il marche. Bientôt, ses concepteurs espèrent mettre au point un système d’impulsions lumineuses qui pourraient lui permettre de “voir”. Il ne restera plus qu’à lui greffer un nez!

L’homme invisible bientôt parmi nous

Le rêve de l’invisibilité deviendra-t-il un jour réalité? En théorie, la chose est possible, affirment trois physiciens dans une récente édition de la revue Science. John Pendry, du Collège impérial de Londres, David R. Smith et David Schurig, de l’université Duke à Durham, en Caroline du Nord, viennent de démontrer comment on pourrait fabriquer une cape à faire rougir d’envie Harry Potter. Le truc? Les méta-matériaux, des matières tissées de microscopiques fils d’un métal capable de détourner les ondes électromagnétiques (radars, micro-ondes ou lumière visible). Un peu comme l’eau de la rivière le fait avec un rocher, les ondes frappent ce matériau, le contournent et continuent leur route comme si de rien n’était. Seul hic: la réalisation de tels “tissus” est extrêmement coûteuse. Pour l’instant, les scientifiques se sont donc concentrés sur des structures détournant les ondes radar et les micro-ondes. Ils prévoient les utiliser à des fins militaires. Pour le costume de l’homme invisible, il faudra donc patienter un peu.

Archimède 4, un sous-marin monoplace à pédales conçu par des étudiants en génie de l'École polytechnique de Montréal, s'est classé premier lors du Human Powered Submarine Contest qui s'est tenu dans la ville californienne d'Escondido en juillet dernier. Le jury de ce concours a ainsi récompensé le caractère innovateur, la fabrication, le design et la rapidité de cet engin piloté par Marc-André Brissette, qui a atteint une vitesse de 4,5 noeuds (environ 9 km/h).
 
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