Septembre 2007

Septembre 2007

Reportages

Génome gourmand (extrait)

Gardien de notre bonheur et de notre santé, le goût est dicté par nos gènes.

par Mélanie Saint-Hilaire

Vous êtes saisi d’une honteuse fringale de chocolat? Blâmez les T1R2 et T1R3, ces gènes récepteurs situés dans les cellules gustatives qui détectent les molécules au goût sucré. Vous avez des rages de steak? C’est la faute aux T1R1 et T1R3, qui encodent votre penchant pour l’umami, saveur caractéristique de la viande.

Non, la science ne fournit pas d’excuses pour s’empiffrer, mais elle explore avec appétit le «génome de la gourmandise». Et elle fait de sucrées de belles découvertes.

Professeur en sciences nutritionnelles à l’Université de Toronto, Ahmed El-Sohemy a récemment découvert un gène qui encode une sensibilité excessive à l’amertume du pamplemousse. Et exclusivement à celle du pamplemousse. Ceux qui possèdent cette variante du TAS2R (l’un des 25 gènes de l’amertume) sont quatre fois plus enclins à détester cet agrume.

«La sensibilité à l’amertume change en fonction de la substance à laquelle vous êtes exposé. Vous pouvez adorer le brocoli et avoir le radicchio en horreur», explique le jeune chercheur. Votre goût est unique, même si vos gènes proviennent de vos parents. «George Bush père détestait le brocoli alors que son fils ne semble pas l’avoir en aversion…»

Les recherches d’El-Sohemy sur les gènes de l’amertume ressemblent aux portions d’épinards de notre enfance: mauvaises au goût, mais bonnes pour la santé! «Identifier les origines génétiques du goût est important sur le plan médical», plaide-t-il. En effet, les préférences alimentaires ont un impact sur la condition physique. Par exemple, plusieurs légumes amers aident notamment à prévenir le cancer et les maladies cardiovasculaires.


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