Septembre 2007

Septembre 2007

Reportages

La ruée vers l'air (extrait)

On sait maintenant stocker l’électricité produite par les éoliennes. Elle pourrait même être transportée par navire.

par Joël Leblanc

Devant le pavillon Adrien-Pouliot de l’Université Laval, à Québec, un petit vent espiègle s’insinue sous les vêtements. «Tous ces kilowatts gaspillés», déplore Maxime Dubois, professeur au département de génie électrique.

«On a la technologie qu’il faut pour construire des éoliennes efficaces, performantes et demandant peu d’entretien, même dans les conditions climatiques les plus difficiles», soutient cet ardent défenseur de l’énergie éolienne. Alors, qu’attend-on pour être vraiment dans le vent?

Le problème avec l’éolien, c’est justement... le vent, a déjà dit Lionel Boulet, fondateur de l’Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ). Ou plutôt sa frivolité. «Le vent est une énergie particulièrement inconstante, reconnaît Maxime Dubois. Il est généralement à son plus fort l’après-midi, alors que les besoins en électricité sont minimes. Mais il tombe au crépuscule quand la demande monte en flèche.»

Le grand défi énergétique n’est donc pas de produire de l’électricité à partir du vent, mais d’en produire au bon moment. Avec l’hydroélectricité, le problème ne se pose pas: l’eau est retenue derrière un barrage et on ouvre les vannes lorsque vient le temps de répondre à la demande. Le vent, lui, ne s’emmagasine pas derrière un barrage.

L’idéal serait donc de produire beaucoup d’électricité quand il vente, de l’accumuler, pour ensuite la distribuer quand la demande augmente. Pas si simple, indique Maxime Dubois. «L’électricité ne se stocke pas plus facilement que le vent. C’est un phénomène dynamique et, pour l’entreposer, il faut la convertir à son tour sous une autre forme d’énergie.»


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