Septembre 2007

Septembre 2007

Trou de mémoire

Kamarade Spoutnik (extrait)

En pleine guerre froide, le lancement de Spoutnik stupéfie le monde. Cet exploit technologique des Soviétiques marque le début de la conquête de l’espace. C’était il y a 50 ans.

par Philippe Chartier

Les partisans du Canadien attendent avec impatience le 500e but de Maurice «The Rocket» Richard. Au petit écran, La Famille Plouffe est le premier feuilleton à succès… pour ceux qui ont la chance d’avoir la télé. Lester B. Pearson recevra bientôt le Nobel de la paix. Mais, au matin du 5 octobre 1957, c’est un tout autre sujet qui fait la une des journaux du Québec: le satellite Spoutnik! «La Russie lance avec succès un satellite artificiel de la Terre», titre La Presse, tandis que Le Devoir annonce la «spectaculaire réussite des savants soviétiques» avec un «satellite, arme psychologique et politique de l’URSS».

La veille, le 4 octobre, en pleine guerre froide, l’Union soviétique avait en effet annoncé la mise en orbite du premier satellite artificiel: une sphère d’aluminium de 83,6 kg et de 58 cm de diamètre (deux fois la taille d’un ballon de basket!). Le lancement s’est déroulé au centre spatial de Turatam – qui deviendra le Cosmodrome de Baïkonour – dans les plaines du Kazakhstan. Officiellement, l’opération a eu lieu dans le cadre de l’Année géophysique internationale, une initiative des Nations Unies.

La nouvelle secoue le monde entier! Aux quatre coins du globe, les radioamateurs suivent le trajet du satellite Spoutnik, dont le signal radio peut facilement être capté.

La «surprise» avait pourtant été annoncée au moins 20 fois, depuis 1951, par les scientifiques soviétiques, comme le raconte Paul Dickson dans son livre Sputnik: The Shock of the Century. Même le poids approximatif du satellite et les fréquences de radiodiffusion avaient été divulgués. Mais ces annonces étaient vues comme de la propagande... «Autant à l’extérieur qu’à l’intérieur du rideau de fer, les dirigeants communistes se serviront de leurs exploits dans l’espace pour prouver la supériorité de leur système politique – c’est d’ailleurs un peu ce que fait aujourd’hui la Chine avec ses projets de vols habités», explique Ram Jakhu, professeur associé à l’Institut de droit aérien et spatial de l’Université McGill. «Ironiquement, les dirigeants soviétiques eux-mêmes commenceront à s’intéresser à la conquête de l’espace une fois qu’ils auront vu la réaction de l’Ouest au lancement de Spoutnik...»


Pour lire la suite, abonnez-vous au magazine Québec Science ou procurez-vous votre exemplaire en kiosque!


Pour écouter le signal radio de Spoutnik, cliquez ici.
 
.