Septembre 2009

Reportages

Pour en finir avec le décrochage (extrait)

Sept experts se  prononcent

Décrochage. C’est le spectre qui hante les parents, les directeurs d’école, les professeurs et le ministère de l’Éducation. Les statistiques sont implacables: un Québécois sur trois quitte l’école sans avoir obtenu son diplôme d’études secondaires.

Pourtant, ces chiffres ne sont pas immuables. Ailleurs dans le monde, et même à plusieurs endroits au Québec, on a pris le taureau par les cornes pour permettre au maximum de jeunes de réussir. Identifier rapidement les problèmes, appliquer des méthodes éprouvées pour encadrer les élèves en difficulté, outiller les enseignants, recruter des spécialistes et injecter le financement public à la bonne place; tous les moyens sont là pour que l’école québécoise devienne celle du succès.

Québec Science a demandé à sept spécialistes de renom – un pédagogue, un psychologue, un pédiatre, une psychiatre, un neuropsychologue et deux psychoéducateurs – de nous proposer leurs solutions. Des regards éclairants et optimistes sur un phénomène qui n’a rien d’inéluctable.
 

Égide Royer
Spécialiste en adaptation scolaire, professeur au département d'études sur l'enseignement et l'apprentissage à l’Université Laval

Il faut changer les règles du jeu
Le milieu de l’éducation joue à l’autruche et utilise des méthodes dépassées, s’indigne Égide Royer. Laisser un élève en difficulté se débrouiller tout seul dans le système revient à ne pas enseigner le braille à un aveugle. Il existe pourtant des recettes éprouvées pour contrer l’abandon scolaire. Encore faut-il prendre la peine de les appliquer.


Sergio Pellis
Chercheur en neuroscience comportementale à l’Université de Lethbridge, en Alberta

Laissez-les libres!
Il y a des enfants qui ont des horaires aussi chargés que celui d’un PDG! Il faut pourtant leur laisser du temps pour jouer sans contrainte. Autrement, on peut nuire à leur développement et à leur réussite scolaire.


Richard E. Tremblay
Psychologue à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le développement de l'enfant

Zone de turbulences
Mordre, frapper, crier, c’est naturel. Mais si on n’apprend pas la douceur aux enfants, on les condamnent au rejet et à l’isolement.


Annick Vincent
Psychiatre, directrice de la Clinique du trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec

Attention: élève distrait!
Ils sont dans la lune, incapables de rester en place ou de tenir leur langue. Les enfants souffrant d’un trouble de l’attention (TDA) courent beaucoup plus de risque d’échouer à l’école. D’où l’importance de les identifier et de les traiter.


Gilles Julien
Pédiatre social, directeur fondateur du centre Assistance d’enfants en difficulté (AED), dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal

Lutte des classes
La pauvreté ne condamne pas à l’échec. L’approche préconisée par le docteur Gilles Julien pour aider les enfants de milieux défavorisés à réussir à l’école est toute simple. Et elle fonctionne…


Diane Marcotte
Professeure au département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal
Sombre jeunesse
La dépression à l’adolescence est un facteur sous-estimé de décrochage. Or, le mal de vivre est en progression dans les classes.


Michel Janosz
Directeur du Groupe de recherche sur les environnements scolaires et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal

Allô prof?
Les enseignants doivent s’efforcer de tisser des relations positives et chaleureuses avec leurs élèves. Particulièrement avec les plus difficiles.


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