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Une lueur dans le ciel
En octobre 1604, l’astronome Johannes Kepler observe une nova (une nouvelle étoile) dans le ciel. Les étoiles ne seraient donc pas fixes et éternelles? Cette apparition est perçue comme un signe envoyé du ciel que les astrologues doivent interpréter. Est-ce l’annonce d’une nouvelle guerre? D’une épidémie? La nova, qui devient rapidement plus brillante que Mars et que Jupiter, reste visible à l’œil nu jusqu’en mars 1606, puis elle disparaît. Nous pouvons la voir de nouveau aujourd’hui grâce à de puissants télescopes comme Hubble (notre photo).
Kepler publie les résultats de ses observations cette même année dans un ouvrage en latin, la langue savante de l’époque, De stella nova (Sur l’étoile nouvelle). En plus de fournir des données sur la couleur de l’astre, l’auteur, qui est aussi astrologue, se penche sur la signification possible de cet étrange événement.
Puis en 1609, il publie son Astronomia nova, basée sur les observations que son maître Tycho Brahé a faites de la planète Mars. Cet ouvrage majeur énonce les deux premières «lois de Kepler» selon lesquelles les planètes suivent, autour du Soleil, des trajectoires en forme d’ellipse. Dans sa «nouvelle astronomie», Kepler développe ainsi le système de Copernic, peu connu jusque-là.
Au printemps 1543, l’astronome et chanoine polonais Nicolas Copernic avait publié un ouvrage très technique, Sur la révolution des orbes célestes, où il suggérait que le Soleil était au centre de l’Univers. Mais cette proposition, dite «héliocentriste», est demeurée longtemps peu connue des navigateurs pour qui cela ne changeait en fait rien à leur pratique. Afin de se situer en mer ou sur terre, les repères des étoiles suffisaient, et ces observations ne dépendaient pas du modèle cosmologique choisi.
Il faudra attendre les travaux de Kepler, et surtout ceux de Galilée, pour que les idées coperniciennes soient diffusées parmi les élites. Cela ne fera pas l’affaire de Rome qui s’empressera de mettre l’ouvrage de Copernic à l’index, en mars 1616.
Galilée poursuivra sa croisade en publiant, en février 1632, son Dialogue sur les deux principaux systèmes du monde, qui fait la promotion publique, en italien cette fois et non pas en latin, du système copernicien. Dès septembre, son livre, condamné par le Saint-Office, est mis à l’index, et l’auteur est appelé à comparaître afin de subir un procès pour hérésie. Après quatre interrogatoires, entre le 12 avril et le 21 juin 1633, il abjure et renie publiquement ses thèses. Il est condamné à la prison avant de voir sa peine commuée en réclusion dans sa maison d’Arcetri, près de Florence. (Yves Gingras)
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En octobre 1604, l’astronome Johannes Kepler observe une nova (une nouvelle étoile) dans le ciel. Les étoiles ne seraient donc pas fixes et éternelles? Cette apparition est perçue comme un signe envoyé du ciel que les astrologues doivent interpréter. Est-ce l’annonce d’une nouvelle guerre? D’une épidémie? La nova, qui devient rapidement plus brillante que Mars et que Jupiter, reste visible à l’œil nu jusqu’en mars 1606, puis elle disparaît. Nous pouvons la voir de nouveau aujourd’hui grâce à de puissants télescopes comme Hubble (notre photo).
Kepler publie les résultats de ses observations cette même année dans un ouvrage en latin, la langue savante de l’époque, De stella nova (Sur l’étoile nouvelle). En plus de fournir des données sur la couleur de l’astre, l’auteur, qui est aussi astrologue, se penche sur la signification possible de cet étrange événement.
Puis en 1609, il publie son Astronomia nova, basée sur les observations que son maître Tycho Brahé a faites de la planète Mars. Cet ouvrage majeur énonce les deux premières «lois de Kepler» selon lesquelles les planètes suivent, autour du Soleil, des trajectoires en forme d’ellipse. Dans sa «nouvelle astronomie», Kepler développe ainsi le système de Copernic, peu connu jusque-là.
Au printemps 1543, l’astronome et chanoine polonais Nicolas Copernic avait publié un ouvrage très technique, Sur la révolution des orbes célestes, où il suggérait que le Soleil était au centre de l’Univers. Mais cette proposition, dite «héliocentriste», est demeurée longtemps peu connue des navigateurs pour qui cela ne changeait en fait rien à leur pratique. Afin de se situer en mer ou sur terre, les repères des étoiles suffisaient, et ces observations ne dépendaient pas du modèle cosmologique choisi.
Il faudra attendre les travaux de Kepler, et surtout ceux de Galilée, pour que les idées coperniciennes soient diffusées parmi les élites. Cela ne fera pas l’affaire de Rome qui s’empressera de mettre l’ouvrage de Copernic à l’index, en mars 1616.
Galilée poursuivra sa croisade en publiant, en février 1632, son Dialogue sur les deux principaux systèmes du monde, qui fait la promotion publique, en italien cette fois et non pas en latin, du système copernicien. Dès septembre, son livre, condamné par le Saint-Office, est mis à l’index, et l’auteur est appelé à comparaître afin de subir un procès pour hérésie. Après quatre interrogatoires, entre le 12 avril et le 21 juin 1633, il abjure et renie publiquement ses thèses. Il est condamné à la prison avant de voir sa peine commuée en réclusion dans sa maison d’Arcetri, près de Florence. (Yves Gingras)
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