Être humain et société
L'espèce humaine continue-t-elle à évoluer?
Une question de Philippe Reymond
par Philippe Chartier
Dans toute population de plantes ou d'animaux, il existe des variations individuelles : chaque individu ne possède pas les mêmes gènes que son voisin. La maladie, la compétition et d'autres forces éliminent, avant l'âge de reproduction, les individus qui sont moins bien adaptés à leur environnement. Les individus mieux adaptés sont alors en mesure de transmettre leurs gènes bénéfiques à leurs descendants. C'est ce que Charles Darwin a baptisé la « sélection naturelle ».
Pour qu'une espèce évolue, il faut donc que la sélection naturelle s'applique, c'est-à-dire que le fait de posséder certains gènes constituent un avantage ou le contraire. Chez l'espèce humaine, le système social, les progrès de la médecine et bien d'autres facteurs atténuent grandement le rôle de la sélection naturelle. Alors qu'elles seraient mortes à d'autres époques, des personnes possédant des maladies héréditaires ou atteints de maladies mortelles peuvent maintenant avoir une vie normale et avoir des enfants. On pourrait donc considérer que nous sommes parvenus à nous exclure du mécanisme de l'évolution.
Cependant, nous ne pouvons pas tout contrôler. Le génome humain n'est pas immuable et, de temps à autre, il se produit des mutations. Dans bien des cas, ces mutations génétiques n'ont pas d'impact réel. Dans certains cas, ces mutations sont nuisibles et causent de nouvelles maladies, parfois même fatales. Mais d'autres peuvent être bénéfiques et améliorer les chances de survie et de reproduction de l'individu qui les porte. Par exemple, un gène mutant procurant une résistance au VIH peut constituer un « avantage évolutif », si cela permet à ceux et celles qui le possèdent de survivre plus longtemps et de se reproduire plus fréquemment que ceux qui ne possède pas ce gène.
Conclusion : l'espèce humaine continue probablement d'évoluer, mais très très lentement. Et dans quelle direction nous pousse l'évolution? Difficile à dire. Dans les films et les romans de science-fiction, on imagine souvent les humains du futur avec d'immenses boîtes crâniennes abritant de gros cerveaux. Pour que de tels êtres nous succèdent, il faudrait qu'il y ait un avantage évolutif du point de vue de la sélection naturelle : c'est-à-dire que la possession d'un super-cerveau aide à la survie de l'individu et, surtout, améliore ses chances de reproduction. Pour ce qui est du scénario inverse, c'est-à-dire que l'être humain « régresse » à l'état de singe ou de primate primitif, là encore, il faudrait qu'il y ait un avantage évolutif pour qu'un tel virage se produise. Dans un cas, comme dans l'autre, on peut se poser la question...
par Philippe Chartier
Dans toute population de plantes ou d'animaux, il existe des variations individuelles : chaque individu ne possède pas les mêmes gènes que son voisin. La maladie, la compétition et d'autres forces éliminent, avant l'âge de reproduction, les individus qui sont moins bien adaptés à leur environnement. Les individus mieux adaptés sont alors en mesure de transmettre leurs gènes bénéfiques à leurs descendants. C'est ce que Charles Darwin a baptisé la « sélection naturelle ».
Pour qu'une espèce évolue, il faut donc que la sélection naturelle s'applique, c'est-à-dire que le fait de posséder certains gènes constituent un avantage ou le contraire. Chez l'espèce humaine, le système social, les progrès de la médecine et bien d'autres facteurs atténuent grandement le rôle de la sélection naturelle. Alors qu'elles seraient mortes à d'autres époques, des personnes possédant des maladies héréditaires ou atteints de maladies mortelles peuvent maintenant avoir une vie normale et avoir des enfants. On pourrait donc considérer que nous sommes parvenus à nous exclure du mécanisme de l'évolution.
Cependant, nous ne pouvons pas tout contrôler. Le génome humain n'est pas immuable et, de temps à autre, il se produit des mutations. Dans bien des cas, ces mutations génétiques n'ont pas d'impact réel. Dans certains cas, ces mutations sont nuisibles et causent de nouvelles maladies, parfois même fatales. Mais d'autres peuvent être bénéfiques et améliorer les chances de survie et de reproduction de l'individu qui les porte. Par exemple, un gène mutant procurant une résistance au VIH peut constituer un « avantage évolutif », si cela permet à ceux et celles qui le possèdent de survivre plus longtemps et de se reproduire plus fréquemment que ceux qui ne possède pas ce gène.
Conclusion : l'espèce humaine continue probablement d'évoluer, mais très très lentement. Et dans quelle direction nous pousse l'évolution? Difficile à dire. Dans les films et les romans de science-fiction, on imagine souvent les humains du futur avec d'immenses boîtes crâniennes abritant de gros cerveaux. Pour que de tels êtres nous succèdent, il faudrait qu'il y ait un avantage évolutif du point de vue de la sélection naturelle : c'est-à-dire que la possession d'un super-cerveau aide à la survie de l'individu et, surtout, améliore ses chances de reproduction. Pour ce qui est du scénario inverse, c'est-à-dire que l'être humain « régresse » à l'état de singe ou de primate primitif, là encore, il faudrait qu'il y ait un avantage évolutif pour qu'un tel virage se produise. Dans un cas, comme dans l'autre, on peut se poser la question...